E3 2017 – Giga hype et tŽraflops

 

 

19 juin 2017

 

 

Et si, pour changer un peu de mes critiques de jeux, je vous livrais ma vision toute personnelle du dernier grand salon du jeu vidŽo ? L'E3, cuvŽe 2017, vient de s'achever, emportant avec lui ses espoirs les plus fous, ses dŽceptions, ses surprises, ses polŽmiquesÉ et soyons honntes, vous avez dŽjˆ un peu tout lu/vu ˆ ce sujet. De fait, ˆ quoi bon vous livrer mon verdict personnel d'un salon que j'ai suivi ˆ travers Internet et non sur place ? C'est justement ici que rŽside tout l'intŽrt (et le concept) de cet article, au-delˆ de l'aspect "exercice de style" qui m'est cher : proposer une sorte de rŽsumŽ, Žtape par Žtape, des annonces et confŽrences vues de loin, de la part d'un fan trs modŽrŽment enthousiaste ˆ l'approche de la grand-messe du jeu vidŽo, avec toute la rŽserve que cela implique. Voici donc mon bilan compltement personnel (et forcŽment subjectif) de quelques jours rythmŽs par bon nombre d'annonces, de trailers, de sŽquences de gameplay offertes par les acteurs majeurs d'une industrie qui se prend toujours un peu plus au sŽrieux. De l'inattendue expŽrience co-op promise par A Way Out ˆ l'improbable (bien que rvŽe) rŽsurrection de Metroid, en passant par les prŽtentions tout en 4K de Microsoft, les promesses folles de Anthem ou d'un "BGE2" annoncŽ ˆ la surprise gŽnŽrale, et le happening dŽjˆ lŽgendaire de Shigeru Miyamoto aux c™tŽs d'Yves GuillemotÉ retour sur une semaine forcŽment pas comme les autres dans le monde du jeu vidŽo.

 

 

 

 

C'est celui qui dit qu'EA

 

 

C'est ˆ Electronic Arts qu'est revenu l'honneur d'ouvrir les hostilitŽs en ce samedi 17 juin. Autant tre honnte, nous Žtions beaucoup ˆ ne pas en attendre grand-chose de plus que des informations sur Star Wars Battlefront II, autant dire qu'ˆ titre personnel je n'en avais tout simplement rien ˆ faire de cette confŽrence inaugurale. Par souci de professionnalisme (et d'envie d'occuper une fin de soirŽe que j'admettrai avoir ŽtŽ assez molle du genou), je me suis dit "allez ouais, a reste l'E3, regardons quand mme". Finalement, par certains c™tŽs, a n'aura pas ŽtŽ une si mauvaise idŽe. PassŽ l'aussi interminable qu'ennuyeuse phase dŽdiŽe aux jeux de sports (dont la partie la plus intŽressante pour moi aurait pu concerner FIFA, licence que je persiste ˆ trouver infŽrieure ˆ Pro Evolution Soccer en terme de ballon rond), EA a eu la bonne idŽe de nous sortir de nulle part une nouvelle licence ˆ travers un teaser fortement allŽchant : A Way Out. Deux ans aprs Unravel, Electronic Arts prend ˆ nouveau un dŽveloppeur indŽpendant sous son aile (les crŽateurs du trs touchant Brothers: A Tale of Two Sons), et il aura fallu 3 petites minutes pour que j'en tire deux constats. D'abord, j'avais dŽjˆ un titre qui m'intŽressait et que j'allais sans doute suivre de prs. Ensuite, j'Žtais tentŽ par un jeu Electronic Arts, ce qui hormis Unravel donc (pas davantage dŽveloppŽ par le gŽant amŽricain) ne m'Žtait pas arrivŽ depuis une ŽternitŽ : aucunement client de Battlefield, de FIFA donc, et laissŽ de marbre par Need for Speed et mme par Mass Effect, je n'espŽrais aucune rŽsurrection du c™tŽ de Dead Space ou Burnout et avais appris ˆ ignorer Mirror's Edge depuis bien trop longtemps. Du coup, A Way Out, c'est le gros oui, un titre exclusivement coopŽratif que je compte me faire avec mon meilleur partenaire de dŽcouverte de jeux, en priant pour qu'il tienne ses promesses, car ce serait vraiment trop dommage de g‰cher un tel potentiel.

 

 

Par la suite, EA se fendit d'une interminable sŽquence de gameplay d'un Battlefront II sur lequel il est Žvident que le studio misait ŽnormŽment, et on ne va pas trop leur reprocher d'avoir autant mis en avant ce titre. D'abord parce que les fans de Star Wars avaient de quoi se payer un bon moment et de rver un max, mais aussi parce qu'aprs un premier volet fortement critiquŽ en 2015, DICE devait redresser la barre et qu'il fallait vendre des ambitions ˆ un public trs exigeant en la matire. L'aspect compŽtitif fut sans doute exagŽrŽment mis en avant, mais force fut de constater que a envoyait du bois, qu'on soit client de la Guerre des ƒtoiles ou non. Je ne jouerai aucunement ˆ ce titre, mais la prŽsentation fut efficace, quoique trop longue. Cela reste toujours mieux que Need for Speed Payback, qui s'il proposait une bande-annonce couplŽe ˆ une sŽquence de jeu toutes deux fort sexy, ne trouvera pas sa place chez moi – tout comme le DLC de Battlefield 1, encore moins ma came, tout simplement, comme beaucoup de titres durant ce salonÉ je n'y peux pas grand-chose. Enfin, la surprise vint du c™tŽ de Bioware, revanchard aprs un Mass Effect Andromeda extrmement critiquŽ (et qui constitua de toute Žvidence le seul Žchec d'un premier tiers d'annŽe rempli de titres tous plus Žnormes les uns que les autres). En dŽvoilant Anthem ˆ travers un court teaser visant tout simplement ˆ vendre la confŽrence Microsoft o il se dŽvoilerait plus largement, Electronic Arts trouva le moyen de rassurer tous les joueurs inquiets du sort de Bioware et de ses Žquipes annoncŽes parties sur un autre titre que le nouveau Mass Effect. SituŽe ˆ peu prs en milieu de confŽrence, cette annonce allŽchante eut pour effet d'augmenter l'impatience de certains, y compris chez les fans de Star Wars pourtant bien "saucŽs" avec la longue sŽquence Battlefront qui allait s'ensuivre. Ce fut tout le paradoxe de cette confŽrence : l'annonce fut tellement courte qu'elle ne donna envie que d'une chose, regarder la confŽrence Xbox pour en savoir plus. Un comble !

 

 

 

 

 

ClassŽ X de Xbox

 

 

Fort heureusement, cela tombait bien vu que 24 heures plus tard, c'est vers la firme de Redmond que tous les regards Žtaient tournŽs. Initialement, ce n'Žtait pourtant pas pour en savoir davantage sur Anthem (qui se fit par ailleurs dŽsirer trs longtemps, j'y reviendrai), mais plut™t pour une annonce hardware monopolisant toute l'attention. Probable annonce majeure de cet E3 2017, le projet Scorpio allait enfin tre dŽtaillŽ, et c'est bien Žvidemment par cela que Phil Spencer a lancŽ les hostilitŽs. "Xbox One X", 4K native, 500 balles, "la console la plus puissante du monde", etc. : une appellation discutable pour un produit clairement de luxe qu'un trailer de Forza Motorsport 7 allait tenter de vendre ˆ un public qu'il ne sera pas aisŽ de conquŽrir. Certes, la PS4 Pro demeure une dŽception (pour ne pas dire une tromperie) auprs des joueurs espŽrant la vraie 4K, mais en s'attardant sur les spŽcificitŽs techniques d'un monstre de puissance (au design par ailleurs tout en lŽgretŽ et discrŽtion) plut™t que sur sa potentielle ludothque exclusive, il y a fort ˆ parier que Microsoft ne se rŽconciliera pas avec les joueurs attendant d'tre sŽduits par des exclusivitŽs. Ce n'Žtait d'ailleurs pas la peine de proposer un Žnime portage de Minecraft (le dernier jeu dont on attende une mise ˆ jour en 4K, soit dit en passant). Outre l'annonce prŽvisible de Forza 7 donc (associŽe au reveal de la nouvelle Porsche ŽgŽrie du titre, dans un style trs "salon de l'auto"), pas de Halo du tout, rien c™tŽ Gears of WarÉ c'est en fin de compte du c™tŽ de ses autres exclusivitŽs (toutes cross-play Xbox One et PC, donc) que la marque a communiquŽ. S'ensuivra un intermde Žmouvant visant ˆ annoncer la suite de Ori and the Blind Forest, intitulŽ "The Will of the Wisps" : acclamŽe par le public, cette sŽquence restera un des moments les plus touchants du salon, avec un passage au piano sur scne de Gareth Coker, compositeur de l'OST des deux titres. En-dehors de a, on sait ENFIN quand Cuphead va sortir, on a vu du State of Decay 2 ainsi que Crackdown 3 avec l'Žtrange sensation que plus personne n'en attendait rien, Scalebound n'a pas ŽtŽ ressuscitŽ, et le toujours attendu Sea of Thieves se fit encore une fois dŽsirer gr‰ce ˆ une nouvelle longue sŽquence de jeu sympathique mais qui commencerait presque ˆ lasser. On ne veut plus rien d'autre du titre de Rare que le voir en rayon et dans nos consoles, merci.

 

 

 

 

Par la suite, Microsoft s'est offert une parenthse visant ˆ mettre en avant le jeu indŽpendant, cher ˆ la marque Xbox depuis un bail (on n'est pas sans se rappeler que le Xbox Live, trs t™t, avait accueilli une foule de jeux indŽpendants et s'Žtait imposŽ comme rŽfŽrence ˆ ce niveau sur consoles). On ne va pas reparler de Minecraft ici, ni mme de Ori and the Will of the Wisps, mais plut™t ple-mle de Cuphead donc, Super Lucky's Tale (qui a fait frŽmir un instant ceux qui croyaient ˆ un retour de ConkerÉ), The Last Night et sa DA atypique, ou encore Playerunknown's Battlegrounds, l'Žnorme carton de ces dernires semaines sur Steam, qui dŽbarque donc sur consoles. De fiers reprŽsentants du programme "ID @Xbox", qui compte dŽjˆ des centaines de titres comme a cru bon de le rappeler Phil Spencer. Ce dernier souhaita Žgalement rappeler que son voyage rŽcent au pays du Soleil Levant, moquŽ par les dŽtracteurs d'une marque qui peine ˆ s'imposer au Japon (c'est un euphŽmisme), avait eu pour but de convaincre les dŽveloppeurs nippons de ne pas se focaliser que sur les machines de Sony et Nintendo. Si on ne pourra que dŽplorer l'absence de rŽsurrection de Scalebound, Microsoft trouva le moyen de surprendre son monde en prŽsentant en grande premire Dragon Ball FighterZ : si personnellement je n'y connais absolument rien ˆ cette sŽrie (jetez-moi autant de pierres que vous le voulez, je m'en fous), les fans semblent avoir ŽtŽ marquŽs trs positivement par cette annonce inattendue et d'une certaine qualitŽ.  En effet, assez Žtrangement, c'est en s'offrant la "world premiere" de titres multi-support trs attendus, et en insistant lourdement sur leur affichage 4K exclusif ˆ la "One X", que Microsoft a fait le show. En nous infligeant beaucoup moins de parlotte que d'ordinaire et en reprenant avec succs la recette qui fonctionna chez Sony ces dernires annŽes (peu de discours, encha”nement de bande-annonces et de titres dont pas mal de nouveautŽs) que la confŽrence Xbox se rendit trs agrŽable ˆ suivre, vivante et enthousiasmante aprs un dŽbut un tantinet laborieux. Peut-tre parce que MS a volontairement oubliŽ l'HoloLens, un peu ˆ l'instar de tout son public d'une certaine faonÉ ? – NB : je m'en suis rappelŽ au dernier moment lors de la relecture de cet article et cherchais ˆ le caser quelque part, a se voit tant que a ?

 

 

Nous avions d'abord droit ˆ un extrait de gameplay terriblement immersif du tout nouveau Metro Exodus, qu'on aurait presque pu croire en VR (seulement voilˆ, le jeu montrŽ Žtait beaucoup trop beau pour a, soyons honntes). Le premier ŽvŽnement majeur fut bien entendu l'annonce enfin officielle d'Assassin's Creed Origins. Certes, a avait fuitŽ d'un peu partout depuis des semaines, mais c'Žtait enfin officiel : aprs avoir annoncŽ le retour de la sŽrie durant l'annŽe fiscale ˆ venir, Ubisoft rŽvŽlait en partenariat avec Microsoft son nouvel opus, aux allures de retour aux sources, en espŽrant filer la mme claque que dix ans auparavant. Avec une premire bande-annonce d'un des titres les plus attendus de la fin de l'annŽe, on tenait lˆ le premier gros reveal concret de l'E3 niveau jeux, avant que la confŽrence ne se conclue en concrŽtisant les promesses de la veille : EA et Bioware prŽsentent Anthem de faon bien plus dŽtaillŽe, avec du gameplay tout simplement, et il faut l'avouer, c'est bien ici que s'est situŽe la claque de cette premire partie de salon. Trs beau, fluide, tout simplement captivant, et vendant du rve ˆ bon nombre de joueurs en mal de titre SF moderne pouvant leur rappeler l'‰ge d'or de Mass Effect, ce premier contact a tout pour sŽduire. Histoire de vous donner une idŽe de l'Žtendue du potentiel de cette nouvelle licence : mme moi qui n'en serai probablement pas client, j'ai ŽtŽ scotchŽ par cette sŽquence, qui refermait avec beaucoup d'efficacitŽ une confŽrence Microsoft bien plus sŽduisante ˆ mes yeux que d'habitude, en dŽpit d'interrogations toujours lŽgitimes sur l'intŽrt d'acheter la marque Xbox pour beaucoup de joueurs. Ë noter que mme s'il s'agit plus d'un gadget qu'autre chose, la rŽtrocompatibilitŽ intŽgrale de la Xbox One X avec la toute premire console de Microsoft (la Xbox, la premire, celle sans "One" ou "X", vous suivez ?) a ŽtŽ annoncŽe. On pourra donc jouer ˆ Shenmue II sur Xbox One, si a c'est pas la classe.

 

 

 

 

Bethesda, Devolver, PC, l'heure de la sieste

 

 

Aprs deux confŽrences donc, la bande de Phil Spencer posait son empreinte sur un E3 o elle Žtait attendue, et il on pouvait lŽgitimement espŽrer du lourd du c™tŽ du grand rival Sony, mais aussi d'Ubisoft qui nous avait offert d'assez jolis shows ces dernires annŽes, sans parler du nombre toujours important de titres annoncŽs (quand ceux-ci n'avaient pas fuitŽ avant). Cependant, d'autres acteurs devaient passer par lˆ, et c'est au bout de la nuit (en fait, au rŽveil, pour beaucoup) que Bethesda devait se donner ˆ son tour en spectacle, suivi par l'improbable Devolver dont on ne savait qu'attendre. Je n'ai pas peur de l'admettre d'emblŽe : c'est clairement du c™tŽ de cet autre Žditeur majeur que s'est situŽe la dŽception. Certes, un peu comme EA, je ne suis pas trs client de leurs licences, mais cela ne requiert ni une grosse connaissance de ses productions ni une objectivitŽ ˆ toute Žpreuve pour avancer que Bethesda tire trop sur la corde avec Skyrim, au point de laisser sous-entendre par la suite que The Elder Scrolls VI n'est pas vraiment ˆ l'ordre du jour. Le cinquime volet de sa sŽrie lŽgendaire va sur ses six ans, et il est grand temps de passer ˆ autre chose, mme si le portage Switch (embarquant avec lui les trois extensions du mythique jeu de r™le) peut se justifier en tant que soutien affichŽ ˆ Nintendo et volontŽ de se tester sur ce support. Ë tel point que l'annonce de la compatibilitŽ amiibo permettant de jouer avec le skin d'un Link trs rŽaliste demeurera l'une des images fortes d'une confŽrence vraiment pas folle.

 

 

En-dehors de cela, Bethesda s'est autorisŽ son petit apartŽ e-sport pour rappeler que l'Žditeur mise clairement dessus, ˆ travers Quake Champions (annoncŽ l'annŽe dernire), avant de poursuivre dans un certain classicisme. L'heure est ˆ l'entretien de ses licences majeures, ˆ commencer par l'arrivŽe d'une extension dŽdiŽe ˆÉ Skyrim dans le jeu de cartes The Elder Scrolls Legends, le "Creation Club" visant ˆ regrouper les mods sur ses RPG majeurs, dont Fallout. Rien ˆ signaler par ailleurs du c™tŽ de cette sŽrie, si ce n'est un "portage" VR ne semblant pas emballer les foules (idem pour DOOM alors que cela s'y prte carrŽment davantage !), et "seulement" trois annonces de nouveaux jeux un minimum apprŽciables. D'abord, on pourra se satisfaire de Death of the Outsider, un stand-alone ˆ Dishonored, sŽrie que je suis d'un peu trop loin du fait de sa dimension "vue subjective" mais dont la bonne rŽputation n'est plus ˆ faire, et surtout, des suites ˆ deux bons titres de l'Žditeur. D'abord Wolfenstein II: The New Colossus, mais aussi une suite ˆ The Evil Within, qui fut en son temps (oui, presque 4 ans, a date) le premier survival-horror aux allures de Resident Evil depuis longtemps malgrŽ sa rŽalisation en demi-teinte, ˆ cheval sur deux gŽnŽrations. Pourquoi pasÉ mais cela reste bien maigre et ne justifiait ni de rester ŽveillŽ jusqu'aux aurores, ni de se lever une ou deux heures plus t™t. En inaugurant la confŽrence avec l'univers original de "Bethesdaland", on s'attendait un peu ˆ mieux, surtout c™tŽ prise de risques.

 

 

 

 

Puisque l'on parle de confŽrences tenues ˆ des horaires difficiles ˆ tenir c™tŽ occidental, Žvoquons celle de Devolver. VŽritable poil ˆ gratter de l'ŽvŽnement depuis des annŽes, l'Žditeur indŽpendant succŽdait alors sur scne avec une parodie assumŽe de confŽrence que je n'ai pas vraiment suivie, dont je me sens assez ŽloignŽ mais qui a l'immense mŽrite de mettre un petit coup de pied au derrire d'une industrie qui commence ˆ un peu trop se la jouer. C'est rigolo, c'est dŽcalŽ, le message est passŽ (avec quelques jeux quand mme au passage), mais il y a fort ˆ parier que cette intervention originale ne change pas grand-chose, et que le public y voie une bande trublions passŽs ici pour divertir pile ˆ mi-chemin de la sŽrie de confŽrences habituellement si sŽrieuses et bien huilŽes. Ce sera toujours plus divertissant que le PC Gaming Show, de plus en plus craint au fil des annŽes non pas par la concurrence, mais par un public qui a pris l'habitude de s'ennuyer ferme en le visualisant. PrŽsentŽe par Intel en partenariat avec Intel pour vendre des produits Intel, cette confŽrence aura eu le mŽrite de faire un peu mieux que simplement patienter avant celle d'Ubisoft, pour le coup vraiment extrmement attendue (voir plus bas). Une extension pour XCOM 2 (et pour pas mal d'autres titres, la confŽrence Žtant assez placŽe sous le signe des mises ˆ jour et autres add-ons), le retour de titres exclusifs Microsoft dŽvoilŽs la veille mais pour le PC cette fois (Forza 7, Sea of Thieves, ou encore The Last Night), un peu de rŽalitŽ virtuelle (il Žtait temps), ou le remaster du lŽgendaire Age of Empires II (qui a dit que ce type de pratique Žtait propre aux consoles ?). Oui, je ne m'attarde pas vraiment sur Devolver et la "conf PC", tout simplement parce que ce ne sont vraiment pas lˆ que se situent mes attentes, qu'ˆ titre purement personnel je n'ai quasiment rien ˆ dire dessus, et que mon lectorat ne s'attend pas davantage ˆ ce que je m'exprime en dŽtail sur ces thŽmatiques dŽlibŽrŽment expŽdiŽes. DŽsolŽ pour celles et ceux qui pensaient na•vement que cet E3 allait m'amener ˆ causer PC et jeux indŽ (et encore, sur cette seconde partie, je pouvais encore laisser de l'espoir). J'ai plut™t envie de vous parler de lapins, de pirates et d'une incroyable arlŽsienne.

 

 

 

 

Ubisoft, une carotte en attendant le BGE

 

 

On n'avait qu'une vraie crainte concernant le show d'Ubisoft : que l'absence d'Aisha Tyler, juste qu'ici ma”tresse de cŽrŽmonie impeccable et taillŽe sur mesure pour le r™le, se fasse ressentir et que la confŽrence du studio franais soit plus "coincŽe" que d'ordinaire. Il n'a fallu que quelques minutes pour dissiper les derniers doutes ˆ ce sujet : en rŽvŽlant enfin officiellement Mario + Rabbids Kingdom Battle (secret de polichinelle pour tous, mais qu'importe), Ubi nous offrait un moment de lŽgende du salon avec l'arrivŽe sur scne de Shigeru Miyamoto aux c™tŽs d'Yves Guillemot, rien que a. Au-delˆ de la perspective savoureuse d'un Žchange en anglais entre ces deux figures capitales du jeu vidŽo, et de la publicitŽ ˆ peine cachŽe pour les T-shirts Uniqlo x Nintendo de la part du gŽnie japonais, c'Žtait tout simplement l'heure d'une incroyable association qui se concrŽtisait sous nos yeux. Mario et Miyamoto prŽsents pour lancer une confŽrence Ubisoft dans un partenariat avec les Lapins CrŽtins, cela aurait pu avoir l'air d'un coup de pub racoleur si le gameplay mis immŽdiatement en avant n'Žtait pas rŽellement intŽressant. En entamant son intervention avec une opŽration sŽduction aussi efficace et touchante (on repense aux larmes de ce dŽveloppeur trapu et barbu au premier plan dans le public, Žmouvantes d'authenticitŽ), Ubi Žtait le premier ˆ vraiment donner envie de l‰cher la formule aussi classique qu'irritante "ils ont gagnŽ l'E3". Restait nŽanmoins ˆ confirmer : davantage d'informations au sujet de titres dŽjˆ rŽvŽlŽs au cours des semaines prŽcŽdentes Žtaient attendues (Assassin's Creed Origins bien sžr, mais aussi Far Cry 5 et The Crew 2 dont les annonces prŽ-E3 furent quelque peu discutables) ; mais surtout, il fallait de vraies surprises pour contenter les plus exigeants, trop refroidis par les innombrables fuites en amont. Les mauvaises langues – dont fait partie de votre serviteur ! – diront en effet que le nouveau logo dŽvoilŽ peu de temps avant le grand salon amŽricain Žtait bien la seule nouveautŽ ˆ ne pas avoir "leakŽ" chez Ubisoft depuis des annŽes.

 

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ˆ quasiment aucun moment, Ubisoft n'a refroidi son audience. Tout juste s'est-on quelque peu ennuyŽ lors de la prŽsentation du titre VR Transference (qui a laissŽ part ˆ l'incomprŽhension plus qu'autre chose), de l'annonce d'un Starlink aux allures de No Man's Sky (peu rassurant, n'est-ce pas ?), ou encore de la bande-annonce de The Crew 2 : certes, c'est spectaculaire, mais on a une impression de dŽjˆ vu, au croisement de nombreux titres automobiles, en milieu urbain ou non. Et ce sont ˆ peu prs les seuls moments peu mŽmorables d'une confŽrence qui, sur le reste, fut toujours dans le bon ton : l'intermde Just Dance annuel tomba ˆ peu prs au bon moment pour rŽveiller les rares endormis, prŽsentant au passage ce qui m'a semblŽ tre le seul titre du salon ˆ sortir sur Wii U (!) et Wii (!!!). Le studio s'est Žgalement offert quelques mots sur le nouveau South Park au sous-titre dŽlicieux ("L'Annale du Destin" / "The Fractured But Whole" en VO) maintes fois reportŽ et qui arrivera enfin ˆ bon port enfin d'annŽe, annoncŽ une exploitation de la licence sur mobile avec South Park Phone Destroyer (plein d'autodŽrisionÉ), et sortit d'un peu nulle part une extension en dŽcembre pour Steep qu'on avait un peu oubliŽ, mais qui tombera ˆ point nommŽ pour prŽparer les JO d'hiver 2018. PassŽes ces demi-surprises ou rappels, Ubisoft a bien Žvidemment pris le temps de davantage introduire Far Cry 5 au public, faisant fi des potentielles polŽmiques autour d'une critique de la "white supremacy" et s'attardant sur du gameplay aprs une nouvelle bande-annonce. Mais surtout, c'est la prŽsentation plus complte du trs attendu Assassin's Creed Origins, quasi vedette du salon, qui retenait l'attention gŽnŽrale.

 

 

 

 

L'extrait dŽvoilŽ lors de la confŽrence Microsoft pour enfin annoncer le retour d'Assassin's Creed avait Žvidemment donnŽ envie d'en (sa)voir plus, mme si une rŽserve Žtait dŽjˆ posŽe sur la modŽlisation des visages des personnages – une tare rŽcurrente de la sŽrie, surtout sur la gŽnŽration de Unity ou du remaster Ezio's Collection, moquŽs pour certains PNJ franchement ratŽs. Ne jouons pas la fine bouche : les ambitions sont telles pour cet opus qu'on pardonnera quelques soucis de finition si le reste du titre est ˆ la hauteur. Non, vraiment, il n'y a que cette sŽquence aberrante montrant un dŽveloppeur tester le jeu sur un Žcran minuscule et filmŽ de dos avec les reflets (!!!) qui aura dŽu, le reste de la prŽsentation donnant juste mŽchamment envie. Puisque l'on parle Assassin's Creed, l'une des surprises est venue de l'hŽritier improbable de Black Flag en la personne du "jeu de pirates" Skull & Bones. De quoi assassiner le Sea of Thieves de Microsoft ? Ce qui est sžr, c'est qu'Ubisoft Singapour reprend ici toute la base des phases navales des AC de la saga amŽricaine (III, Black Flag, Rogue) dans un jeu aux allures de combat PvP spectaculaire mais dont la formule pourrait tourner en rond faon For Honor ˆ terme, et m'a laissŽ sceptique pour ma part, en attendant de vraiment conna”tre le fond du titre. Ce qui est sžr, c'est que son atmopshre est plus qu'allŽchante, mais reste ˆ proposer un gameplay attirant, et c'est ˆ ce sujet que je poserai ma rŽserve personnelle. Avec cette nouvelle licence surprise, des confirmations et des bonnes surprises, malgrŽ l'absence (par exemple) de Splinter Cell dont le retour Žtait attendu, Ubisoft aurait tout ˆ fait pu en rester lˆ et conclure son intervention en laissant une bonne impression : mais il fallait un "one more thing", le truc qui tabasse, qui marque un E3, et Ubi l'a osŽ. ArrivŽe sur scne de Michel Ancel, lancement immŽdiat d'un trailer, logo d'Ubisoft Montpellier, ambiance rŽsolument rŽaliste, non ce ne sera pas Rayman. C'est mieux. C'est Beyond Good & Evil. Il faudra prs de 3 minutes d'une bande-annonce ˆ couper le souffle de bout en bout pour que le titre vienne enfin rassurer mme les plus sceptiques : oui, une des plus grandes arlŽsiennes du jeu vidŽo est tombŽe. PrŽsentŽ par un Michel Ancel lui aussi trs Žmu, Beyond Good & Evil 2 n'est plus qu'un fantasme, il est enfin rŽalitŽ. Et ce mme si on attendra longtemps pour poser nos mains fŽbriles dessus, la plus grosse surprise de l'E3 2017 est lˆ, quelques heures avant une confŽrence Sony qui aura du pain sur la planche pour rŽaliser la passe de trois (non, pas le salon) aux yeux de celles et ceux estimant que le studio japonais Žtait sorti vainqueur des deux prŽcŽdentes Žditions.

 

 

 

 

Sony, la passe d'E3 ?

 

 

Ce n'est pas faire preuve de subjectivitŽ que d'avancer que Sony avait rŽalisŽ des confŽrences PlayStation de trs haute volŽe en 2015 et en 2016. Annonant de trs nombreux titres, majoritairement exclusifs (au pire temporairementÉ) ˆ sa PS4 toujours mieux vendue ˆ chaque mois qui passe dans le monde, le gŽant japonais avait pris l'habitude de la jouer sobre sur scne, avec un seul intervenant gŽnŽralement, un ou deux intermdes musicaux jouŽs live, et des successions d'annonces en pagaille. La formule devait tre reproduite pour cette Ždition 2017, restait alors ˆ voir des surprises (Sony s'Žtant spŽcialisŽ dans l'annonce de nouvelles licences sorties de nulle part de la part de ses studios sous contrat) et des confirmations de dates/fentres de sortie pour les titres dŽjˆ annoncŽs en 2016. Si Kojima Productions avait annoncŽ au prŽalable que Death Stranding, son mystŽrieux projet rŽvŽlŽ ˆ l'E3 2016 au prix d'un happening imprŽvisible, serait absent du salon, on pouvait lŽgitimement espŽrer du nouveau sur Gran Turismo Sport (ˆ dŽfaut d'avoir quoi que ce soit ˆ se mettre sous la dent concernant le "vrai"septime volet) en rŽponse ˆ Forza 7 par exemple, savoir sur quoi travaille donc Sucker Punch (un nouveau inFamous ? le retour, enfin, de Sly Cooper ?), mais surtout et par-dessus tout, pitiŽ, bon sang, n'importe quoi sur la suite si attendue de The Last of Us balancŽe en cl™ture de la dernire PlayStation Experience. Si j'ai volontairement choisi d'Žvoquer ces titres au niveau des attentes, ce n'est mme pas en relation avec ce qui a vraiment ŽtŽ montrŽ lors de la confŽrence, mais tout simplement parce que mes espoirs personnels se situaient majoritairement ici, et cela au-delˆ des God of War, Days Gone ou Detroit Žgalement espŽrŽs de mon c™tŽ, mais ˆ un degrŽ moindre. Vu que vous savez dŽjˆ certainement ˆ quoi s'est rŽsumŽe la confŽrence Sony au moment o vous lisez cette analyse, vous devinerez que je suis pas mal restŽ sur ma faim. Mais il n'y a pas vraiment que a : retour en dŽtail sur une sŽrie en cours quelque peu manquŽe du c™tŽ de PlayStation, de mon point de vue bien sžr, tendance qui semble toutefois s'tre gŽnŽralisŽe ˆ l'ensemble des joueurs ayant vŽcu ce salon de prs ou de loin.

 

 

Dans un premier temps, Sony a jugŽ pertinent de nous rappeler que Uncharted: The Lost Legacy sortait dans un peu plus de deux mois, avec une nouvelle bande-annonce. Rien ˆ redire sur cette dernire, qui laisse supposer un spin-off ˆ la hauteur de la sŽrie, six mois aprs son annonce ˆ la "PSX" 2016. Puis ce fut au tour de Days Gone, rŽvŽlŽ au prŽcŽdent E3, de s'afficher au travers d'une sŽquence de gameplay consŽquente et plut™t allŽchante, confirmant que Bend Studio s'en tire trs bien pour sa premire expŽrience sur console de salon depuis les trs oubliables Syphon Filter sur PS2 il y a dŽjˆ dix bonnes annŽes. L'apparition du logo de Guerrilla, juste aprs, rappela l'annonce fracassante de Horizon Zero Dawn deux ans plus t™t, et ce fut justement pour en annoncer le DLC "The Frozen Wilds", rafra”chissant comme il faut en ce moment. On continue avec des nouvelles prŽsentations de titres dŽjˆ annoncŽs en 2016, voire avant ? Allons-y gaiement. Du God of War (le reboot impressionnant qui avait ouvert la prŽcŽdente confŽrence de Sony), du nouveau sur Detroit: Become Human, le nouveau titre de Quantic Dream, et surtout une conclusion en compagnie du Spider-Man d'Insomniac avec un trs, trs long extrait in-game blindŽ de QTE : un titre impressionnant mais qui laisse plein d'interrogations quant ˆ son gameplay. Pas de "TLoU 2" donc, pas de GT Sport, aucune annonce concernant Gran Turismo tout court du reste (on rappellera que la sŽrie ftera ses 20 ans en 2018, l'occasion d'espŽrer quelque chose peut-tre ?), mais surtout, et c'est lˆ l'Žnorme surprise (nŽgative) du c™tŽ de PlayStation : aucune nouvelle licence n'a ŽtŽ annoncŽe. Certes, il y a eu quelques nouveautŽs, et de vagues surprises, sur lesquelles je vais ensuite revenir, mais il y avait de quoi refermer le chapitre Sony de l'E3 2017 avec une grosse pointe d'amertume. Lˆ non plus, comme pour Bethesda, a ne valait pas le coup de veiller tard. Je ne pensais pas me satisfaire aprs coup d'avoir visionnŽ cette confŽrence au rŽveil en lŽger diffŽrŽÉ

 

 

 

 

Je ne m'attarderai pas sur le passage Activision, parce que je me dŽsintŽresse (pour rester poli) de la majoritŽ de ses productions, un peu comme du c™tŽ d'EA, et plus particulirement au niveau des titres multi-support prŽsentŽs exclusivement chez Sony durant cette confŽrence. On a vu du Destiny 2 (brivement) ainsi que du Call of Duty: World War II et ce sera tout ce que je dirai ˆ leur sujet ; et non, je promets que je n'ai touchŽ aucun centime pour les citer, je ressentais juste le besoin d'tre exhaustif et de justifier mon ressenti vis-ˆ-vis de chaque intervention des constructeurs et des Žditeurs. Sony a Žgalement tentŽ de rappeler que le PlayStation VR existe, qu'il faut s'en servir, et a annoncŽ pas mal de jeux compatibles et surtout exclusifs ˆ son casque de rŽalitŽ virtuelle sur lequel il mise toujours beaucoup : techniquement, ce sont mme davantage de nouveaux titres qui ont ŽtŽ annoncŽs pour le PSVR que pour PlayStation 4. On retiendra ˆ ce niveau que le forage sur Skyrim s'Žtend ˆ la VR, puisqu'une Ždition spŽcifique a ŽtŽ prŽsentŽe ˆ l'occasion, que ce ne sera gure mieux c™tŽ exploitation de Final Fantasy avec un jeu de pche basŽ sur l'univers de FFXV ; mais de vraies nouveautŽs Žtaient aussi au programme, comme Farpoint, StarchildÉ ou encore l'Žtonnant (et angoissant) The Impatient, par les crŽateurs d'Until Dawn, ce qui est une rŽfŽrence plut™t encourageante. Finalement, la seule vraie grosse surprise aurait pu se situer du c™tŽ du reveal de Monster Hunter World, avec un retour annoncŽ de la licence phare de Capcom sur consoles de salon. Seulement, vu qu'il ne s'agira pas d'une exclusivitŽ PlayStation, il y a de quoi tirer la tronche. Du coup, une seule nouvelle exclusivitŽ PS4 a ŽtŽ annoncŽe, aux allures de bonne grosse blague : Shadow of the Colossus, aussi mythique soit-il (et dieu sait combien je dois faire preuve d'objectivitŽ pour Žcrire a), est de retour. DŽjˆ remasterisŽ sur PS3 dans une compilation aux c™tŽ de ICO (qui est meilleur, pour rappel), on pourra quand mme apprŽcier qu'il s'agisse d'un vŽritable remake du second jeu de Fumito Ueda, qui plus est dŽveloppŽ par Bluepoint. Pour rappel, ce studio s'est spŽcialisŽ dans les remasters d'excellente facture, parmi lesquels la collection ICO + Shadow of the Colossus HD sur PS3 dŽjˆ, ceux de God of War et Metal Gear Solid sur la mme gŽnŽration, ou plus rŽcemment Gravity Rush Remastered et la trs apprŽciŽe Nathan Drake Collection. Reste que c'est bien maigre et que Sony l'a jouŽe en mode force tranquille, ce qu'on peut autant comprendre que leur reprocher : dans l'ensemble, c'Žtait solide, mais sans risques. EspŽrons juste que les promesses concernant toutes ces sorties allŽchantes pour 2018 (God of War, Days Gone, Detroit, Spider-ManÉ) seront tenues, car au moins, de la grosse exclu il y en aura du c™tŽ de Sony ! Et le meilleur reste encore ˆ venirÉ

 

 

 

 

Nintendo, ou l'art de tout pŽter en un visuel

 

 

Cela fait dŽsormais quelque temps que Nintendo ne s'encombre plus de confŽrences. On a pu de toute faon constater que Shigeru Miyamoto n'avait pas besoin de cela pour jouer les vedettes du salon, invitŽ de luxe de la confŽrence Ubisoft ˆ l'annonce du premier jeu exclusif Nintendo prŽsentŽ durant l'E3 : Mario + Rabbids Kingdom Battle, Žvidente exclusivitŽ Switch. C'est d'ailleurs essentiellement sur cette console qu'allait se focaliser le court Nintendo Direct lanant la journŽe du mardi ˆ Los Angeles, suivi par un long marathon de streams et de prŽsentations sur canapŽ, le Nintendo Treehouse. Format quelque peu sur le dŽclin depuis la disparition du regrettŽ Satoru Iwata, cette vidŽo de prŽsentation dut cette annŽe son salut dans un premier temps ˆ Reggie Fils-AimŽ, homme de spectacle assumŽ, mais aussi au contenu fortement "engageant" de l'ŽvŽnement. On savait que les DLC de The Legend of Zelda: Breath of the Wild ˆ venir allaient tre dŽtaillŽs, et les bande-annonces les dŽtaillant renforcrent encore un peu plus l'incroyable aura dont bŽnŽficie le titre majeur de lancement de la nouvelle console de "Big N". Non content de disposer d'une durŽe de vie colossale (un peu comme ma critique du jeu, des fois que vous l'ayez ratŽe), "BotW" s'enrichit de nouveaux contenus visant ˆ prolonger encore un peu plus une expŽrience incroyable qui a dŽjˆ sŽduit un sacrŽ paquet de joueurs – le tout moyennant un "expansion pass" ˆ 20 Û, ce qui est relativement honnte en comparaison des habitudes du milieu. Ce Direct Žtait Žgalement l'occasion de prŽsenter plus en profondeur l'autre system-seller attendu de la machine en la personne de Super Mario Odyssey, dŽvoilŽ davantage ˆ travers une bande-annonce plus explicite sur les possibilitŽs de gameplay, majoritairement axŽes autour de la casquette pleine de vie de Mario (Cappy de son nom). Celui-ci fut un peu plus introduit au public lors du "Treehouse" qui suivit, laissant augurer du meilleur tout en inquiŽtant les fans les plus attachŽs aux fondamentaux de la saga. ‚a ne vous rappellerait pas un certain Zelda sorti rŽcemment, des fois ?

 

 

Cependant, rappelons que Nintendo, ce n'est pas que Mario et Zelda, c'est aussi des valeurs sžres de plate-forme 2D choupi ˆ souhait : et allez, on vous balance les bande-annonces d'un nouveau Kirby, et puis d'un nouveau Yoshi aussi, tous deux ˆ venir en 2018, sans plus d'indications. Et vas-y qu'on tease sur un futur RPG PokŽmon sur Switch pour confirmer les rumeurs et emballer les fans. On en profite pour rappeler la sortie de Mario + Rabbids, que ARMS est sur le point de sortir, tout comme Splatoon 2 un mois plus tard, et que ces deux titres feront l'objet de compŽtitions ˆ l'E3 mais aussi dans le programme e-sport de la firme, le tout nouveau projet "Nintendo Versus". Un concept auquel sera rattachŽ PokkŽn Tournament DX, dŽjˆ dŽvoilŽ en amont de l'E3 lors d'un "PokŽmon Direct". C'est que a commence ˆ faire beaucoup de jeux sur Switch dites donc, surtout qu'on nous ressort Skyrim avec l'utilisation de l'amiibo Link, et qu'on rappelle que le trs prometteur Xenoblade Chronicles 2 sortira enfin d'annŽe.  Ah, et on me murmure dans l'oreille que Fire Emblem Warriors, spin-off de la sŽrie orientŽ mus™, intgre Žgalement un line-up qui commence ˆ ne plus faire marrer personne, mais qu'on va commencer ˆ prendre trs au sŽrieux. Puis pendant qu'on y est, pourquoi ne pas annoncer carrŽment un portage de Rocket League, vŽritable pŽpite du multi local compltement pensŽ pour une telle console, et agrŽmentŽ de skins aux couleurs des principales licences Nintendo ? On y est : la Switch est pleine de titres ˆ venir, qu'il s'agisse de suites ou de portages, on est bien loin des dŽbuts laborieux d'une Wii U dŽjˆ oubliŽe de tous – y compris de la firme de Kyoto. Pourtant, il manquait un truc. Une vraie surprise, une annonce de fou, le truc qui nous fait aimer Nintendo sur quasiment trois fois rien. Et alors qu'on ne l'attendait plus, ils l'ont fait. Pas de F-Zero (faut p'tt pas dŽconner), pas (encore ?) de Smash Bros. pour Switch, non, peut-tre mieux et plus fou encore. Une vidŽo de vingt secondes, avec un ciel d'un noir d'encre ŽgayŽ de quelques Žtoiles, puis un logo aux allures de claque interstellaire.

 

 

 

 

Mesdames et messieurs, Nintendo a annoncŽ un Metroid. Mieux, ils ont annoncŽ Metroid Prime 4, bon sang. Mme si ce n'est qu'un vulgaire placeholder et qu'il fut rapidement annoncŽ que Retro Studios ne travaillerait pas dessus (de quoi espŽrer du nouveau c™tŽ Donkey Kong Country, du coup ?), c'est une annonce "ˆ la BGE2" que Nintendo a sorti lˆ. Et pour bien la complŽter et tŽmoigner que non, la firme japonaise ne creusait pas la tombe de Metroid aprs avoir copieusement ignorŽ son trentime anniversaire l'an passŽ, le "Treehouse" mit rapidement ˆ l'honneur l'encore plus inattendu Metroid: Samus Returns, remake du second Žpisode sorti sur Game Boy. Un Metroid 2D sur 3DS, compltement jouable et trs avancŽ, tout simplement balancŽ comme a ˆ 3 mois de sa sortie : a, c'est le Nintendo qu'on aime. Un peu comme trop souvent, c'est quand on se met ˆ les ha•r, ˆ ne plus croire en eux, qu'ils se rappellent au bon souvenir d'une fanbase caressŽe dans le sens du poil, rajoutant au passage une nouvelle sŽrie d'amiibo en tous genres liŽs ˆ Mario Oddyssey, aux quatres prodiges de Breath of the Wild, ˆ Fire Emblem, et incroyable mais vrai, mme ˆ Metroid (celui du MŽtro•de, transparent et mallŽable, mais mon dieu !!). De lˆ ˆ dire que Nintendo est le grand vainqueur de cet E3, il n'y a qu'un pas que je ne saurai franchir. Sans s'offrir une confŽrence de haute volŽe comme se l'est permis Ubisoft (voire Microsoft ˆ un degrŽ moindre), celui que l'on aime appeler "l'Apple du jeu vidŽo" s'est distinguŽ essentiellement en bien, a su offrir de belles surprises et faire plaisir ˆ ses fans : sŽrieusement, que leur demander de mieux ? Pas grand-chose en vŽritŽ. Les annonces et streams ayant suivi furent certes un poil longuets (il faut aimer se farcir le style trs particulier d'un Fire Emblem Warriors pendant une demi-heure, heinÉ), mais trs encourageants pour la suite (Xenoblade 2 envoie dr™lement du bois). Nintendo, non seulement, n'abandonne pas encore la 3DS comme on le craignait (mme si 2018 a de fortes chances d'amorcer son dŽclin dŽfinitif), mais envoie un signal fort ˆ tous les possesseurs de Switch, actuels comme potentiels, convaincus comme sceptiques : sa nouvelle console est trs bien nŽe, un gros jeu "first party" y sortira tous les mois jusqu'ˆ la fin de l'annŽe, et le constructeur continue de la promouvoir comme il faut. Et si loin de la bataille des tŽraflops, loin d'une rŽalitŽ virtuelle ˆ la pertinence toujours discutŽe, c'Žtait bien elle, la console pour tous du moment, voire de demain ?

 

 

 

 

Ainsi s'achve ce bilan d'un E3 qui m'avait trs, trs modŽrŽment enthousiasmŽ en amont, avant de finir par me laisser quand mme pas mal d'Žtoiles dans les yeux, le tout sans tre pour autant passŽ par la case Hollywood. C'est bon signe, je ne vieillis pas encore trop vite, et a veut aussi dire que constructeurs et Žditeurs savent encore vendre du rve. En s'affranchissant globalement de pas mal de lourdeurs et de prŽtentions pharaoniques et en allant directement ˆ l'essentiel, ˆ savoir les jeux, Ubisoft, puis Sony (malgrŽ une certaine frilositŽ) et Nintendo ont succŽdŽ ˆ une confŽrence Xbox encourageante mais qui laisse toujours aussi sceptiques les joueurs non clients de Microsoft. C'est dommage tant on sent une marque qui, en maintenant quinze annŽes compltes implantŽes dans le secteur du jeu vidŽo console, s'est forgŽ une vraie image et s'y accroche. Reste qu'aucun des trois constructeurs ne s'est davantage distinguŽ qu'un autre, chacun prŽsentant ses forces (jeux prŽsentŽs, rythme de confŽrence, gestion du temps de prŽsentationÉ) ou ses faiblesses (absence de vraie "hype" sur scne, baratin technique, interrogations sur le devenir des titres les plus ambitieux). L'E3 se referme avec son lot de promesses, vraiment plus prs des Žtoiles cette annŽe, tant les deux annonces les plus marquantes et inattendues demeureront celles de jeux qu'absolument plus personne n'attendait et qui nous enverront ˆ coup sžr dans des plantes fascinantes. Oui, d'une certaine faon, Ubisoft (avec "BGE2") et Nintendo (avec Metroid Prime 4), vous avez marquŽ les esprits un peu plus fort que les autres. Peut-tre mme davantage lors de votre improbable union symbolisŽe par ce duo dŽjˆ mythique constituŽ sur scne un chaud lundi de juin. Reste ˆ tenir vos promesses dans cet univers impitoyable que le jeu vidŽo est devenu. Faites-nous rver, et a vaut aussi pour les autres, qui ont du talent et des merveilles ˆ revendre aussi. Faites-nous rver avec du jeu vidŽo, jouable, fun et enivrant, tout simplement.



J'ai ador
Ž / aimŽ :


+ Beyond Good & Fucking Evil 2, what else?

+ Nintendo n'a donc pas oubliŽ Metroid !

+ Microsoft, une confŽrence longue mais de qualitŽ

+ Mario + Rabbids, a a l'air mŽchamment cool

+ A Way Out, LE jeu dont on veut en voir plus

+ God of War, Days Gone, Detroit : vivement 2018 c™tŽ PlayStation !

+ Super Mario Odyssey, "le Breath of the Wild de la sŽrie"

+ Ori and the Will of the WispsÉ toi, tu sors quand tu veux, hein

+ La confŽrence Ubisoft dans son ensemble, gros coup de cÏur

+ C'est bon de revoir Assassin's Creed ET l'ƒgypte dans un jeu vidŽo

+ Forza 7 mme si je ne suis pas prs d'y jouer dans les conditions optimales

+ Les sŽquences in-game de Metro Exodus et Anthem, vraiment prenantes

+ Devolver parce que a fait du bien de se marrer un coupÉ


J'ai d
ŽtestŽ / pas aimŽ :

 

- É mais aussi Devolver, parce qu'au final, Žtait-ce bien utile ?

- Bethesda qui ne prend pas de risques et nous ennuie

- Sony, trop sžr de soi, moins de panache que les annŽes prŽcŽdentes

- L'overdose de Skyrim : c'est un jeu de 2011, qu'on passe ˆ autre chose !

- Le remake de Shadow of the Colossus : sŽrieusement, Sony ?

- Les absents (surtout c™tŽ Sony en fait)

 

Bonus –  Les "OSEF" de l'E3 :

 

¥ La Xbox One X, gadget pour gros budgets (et assumŽ comme tel !)

¥ Le nouveau Need for Speed : pas mal mais quoi de vraiment neuf ?

¥ The Crew 2, globalement pour les mmes raisons

¥ Skull & Bones, un engouement hŽlas trs vite retombŽ

¥ Le PC Gaming Show, mme s'il Žtait mieux qu'en 2015 et 2016

¥ La prŽsentation de Fire Emblem WarriorzzzzzzzzzÉ

¥ La partie sports de EA, vraiment "too much"

¥ Minecraft en 4K : LOL MDR PTDR

¥ Spider-Man : sŽquence trop longue, et "inquiŽtant" c™tŽ QTE

¥ La rŽalitŽ virtuelle : faut-il vraiment encore insister ?

 

 

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