The Legend of Zelda: The Wind Waker – L'appel de l'aventure

 

 

12 avril 2014

 

 

Celui-lˆ, j'ai hŽsitŽ ˆ en faire un topic. ‚a s'imposait moins qu'Ocarina of Time vu que je n'avais aucun passif avec, j'ai pensŽ que a vous gonflerait peut-tre de voir deux reviews de suite pour des Zelda (qui plus est, basŽes sur les remakes 3D/HD), et puis je me suis dit que c'Žtait davantage prŽvisible que la review vraiment inattendue d'OoT. Mais en fait, plus j'avanais dans l'aventure que constitue The Legend of Zelda: The Wind Waker, plus je me suis dit qu'une nouvelle chronique s'imposait. La diffŽrence majeure avec celle d'Ocarina of Time, c'est que je vais casser tout suspense d'emblŽe en annonant que j'ai ŽtŽ littŽralement charmŽ par cette aventure de Link ˆ travers les ocŽans, tout en sachant que la vivre avec le confort d'une version HD parfaitement optimisŽe et au gameplay amŽliorŽ a sans doute beaucoup jouŽ dans l'apprŽciation que je fais de ce titre. Toutefois, une question subsiste : ˆ quel niveau d'adoration le fan hardcore que je suis des trois Zelda en "vue du dessus" (sur NES, SNES et GB) ayant fondŽ la magie de cette sŽrie peut-il bien situer ce titre enchanteur ?



Ë propos de la version jouŽe :

 

Avant de commencer ˆ livrer mon verdict petit ˆ petit, il convient de signaler que contrairement ˆ Ocarina of Time, je n'ai jamais jouŽ ˆ la version d'origine, bien que j'en possde les deux Žditions dans ma collection. Ressortir une Gamecube dans mes conditions d'installation actuelles relevant du dŽfi, je ne pouvais qu'accueillir l'existence d'une rŽŽdition HD sur Wii U qu'avec enthousiasme, puisqu'en plus de l'aspect pratique, j'allais dŽcouvrir une version clairement amŽliorŽe sur quelques points qui avaient pu rendre le jeu d'origine pŽnible, comme cette histoire de navigation ˆ travers les mers que beaucoup avaient dŽcrite comme longue voire chiante, et qui avait visiblement poussŽ pas mal de gens ˆ renoncer ˆ le finir, ce qui en dit long sur la nŽcessitŽ de corriger ce qui constituait probablement un rŽel dŽfaut. En outre, ˆ l'instar d'Ocarina of Time, l'aspect tactile favorisant une meilleure gestion de l'inventaire constitue un apport non nŽgligeable, et l'interaction avec le gamepad. Bref, c'est donc davantage une review de The Legend of Zelda: The Wind Waker HD que je vais vous livrer ici, mais avec le regard d'un joueur ne connaissant aucunement le jeu de base et sortant tout juste d'Ocarina of Time, dont il Žtait de toute faon censŽ tre le successeur direct.

 

 

 


The Wind Waker, c'est l'histoire d'un jeu que j'ai acquis pour ma collection en Žtant quasiment persuadŽ que je ne le ferais pas. FrustrŽ ˆ l'Žpoque par un Ocarina of Time dans lequel je n'arrivais pas ˆ rentrer, et qui me laissait supposer que je n'Žtais pas fait pour les Zelda 3D, je me contentais donc de laisser un potentiel trŽsor dormir dans mes Žtagres, alors qu'un ancien collgue et ami n'ayant lui non plus pas accrochŽ ˆ Ocarina of Time m'avait parlŽ de Wind Waker en excellents termes. Je ne m'Žtais de ce fait ni ruŽ sur la version Wii U, ni sur son Ždition collector que j'ai du coup mis des mois ˆ trouver ˆ un prix honnte, persuadŽ que je pourrais rattraper tout a plus tard. Si j'ai finalement rŽussi ˆ rŽparer cette erreur trs rŽcemment avec un peu de bol, la volontŽ rŽcemment affichŽe de ma part de jouer ˆ tous les Zelda que je n'avais pas encore faits, conjuguŽe au flot d'excuses que je me suis senti obligŽ de formuler envers Ocarina of Time, m'ont amenŽ ˆ corriger rapidement cette erreur quand mme grossire au sein d'un parcours de joueur thŽoriquement taillŽ sur mesure pour un titre de cette envergure. Ë l'instar d'Ocarina of Time 3D, je me suis donc fait prter le remake du seul jeu ˆ qui Jeuxvideo.com attribua un jour un 20/20, et me suis lancŽ dans l'aventure, vierge de tout prŽjugŽ puisque je ne savais vŽritablement pas ˆ quoi m'attendre, cel-shading mis ˆ part. Mais a je m'en foutais : j'aime plut™t ce style graphique, que j'ai notamment expŽrimentŽ dans la saga des Sly Raccoon que j'apprŽcie tout particulirement.

 

 

L'introduction de Wind Waker et la prise de contact avec un Link totalement relookŽ, trs cartoon, ainsi que l'ële de l'Aurore sur laquelle il se rŽveille (d'ailleurs, existe-t-il un Zelda qui dŽmarre par autre chose que le rŽveil de Link ?) permet de juger assez instantanŽment de son cachet visuel qui a tant fait dŽbat ; pour ma part, j'ai accrochŽ tout de suite, trouvant ce design trs rŽussi et trs loin du minimalisme que pas mal critiquent. C'est typique du "on aime ou on dŽteste", ˆ cette nuance prs que mme en dŽtestant, je pense qu'il faut objectivement reconna”tre que Nintendo ma”trise extrmement bien son sujet tant l'animation est nette et fluide. Me concernant, je n'ai jamais ŽtŽ un grand consommateur de dessins animŽs mais j'ai ŽtŽ Žtrangement touchŽ par le soin apportŽ aux personnages et aux Žmotions lisibles sur leurs visages. Ainsi, Link, Tetra, Arielle et consorts m'ont instantanŽment parus plus expressifs que le Link (enfant ou adulte) d'Ocarina of Time et Žvidemment que n'importe quel PNJ de ce titre. Les dŽcors, en-dehors de la mer dont le parti pris graphique est assez gonflŽ (et discutable, j'en conviens) restent quand mme plus rŽalistes mais jouissent de cette Žtonnante finesse graphique, accentuŽe sur la rŽŽdition HD, mais pas tant que a : de ce que j'ai pu voir sur la version 480p, la version Gamecube Žtait dŽjˆ trs, trs belle ! Et que dire des effets d'ombre et de lumire, et des ŽlŽments mus par le vent : beaucoup de jeux plus rŽalistes pourraient s'en inspirer tellement c'est bien foutu. Je me souviens avoir Žmis des regrets devant le manque de fluiditŽ et de dŽtails dans les jeux vidŽo face aux films d'animation en blu-ray, mais force est de constater que The Wind Waker n'a absolument rien ˆ leur envier !

 

 

 

 

Bon, Žvidemment, comme chacun sait, s'attarder sur les graphismes uniquement pour juger un jeu vidŽo, c'est comme Žvaluer la qualitŽ d'un film porno sur son scŽnario. Vous allez trouver la comparaison inappropriŽe mais elle ne l'est pas tant que a au vu du flot de bonheur intense que m'a procurŽ ce Zelda. PassŽe la familiarisation avec des commandes aussi intuitives qu'Žvidentes, et l'hŽsitation permanente entre Pro Controller et gamepad (alors qu'en fait la meilleure solution consiste ˆ combiner les deux), et relativement inquiet d'avoir zappŽ des coffres dans la Forteresse Maudite o j'avais peur de ne plus retourner aprs, je prends conscience d'ˆ quel point le fait d'avoir entamŽ deux fois Phantom Hourglass m'a spoilŽ une partie du jeu. Certes, on ne peut pas dire que ce soit une surprise totale ni la plus grosse rŽvŽlation de l'histoire du jeu vidŽo, mais conna”tre le secret de Tetra avant qu'il ne soit amenŽ logiquement dans le scŽnario, c'est un peu dommageÉ fort heureusement, les innombrables rencontres de personnages aussi variŽs que loufoques, avec leurs histoires ˆ chacun, permettent de se noyer au milieu de cet univers maritime dont l'accessibilitŽ se rŽvle Žtonnamment soudaine. On a beau essayer de se dire que cet ocŽan n'est que la version aquatique de la plaine d'Hyrule et que chaque ”le ou ”lot constitue une part de map gŽnŽrale avec ses grottes et baraques ˆ foison, The Wind Waker impose vraiment son identitŽ et son mode de dŽplacement via le Lion Rouge, ce bateau dont le maniement aura fait presque autant jaser que le style graphique du jeu.

 

 

Personnellement, j'ai trouvŽ super cool et grisant de naviguer ˆ travers ce tout nouveau monde tout en gŽrant le vent, surtout que l'expŽrience extrmement bizarre et anormale que j'ai eue du jeu me l'a fait "subir" probablement davantage qu'un sacrŽ paquet de joueurs. Bien aidŽ en cela, il est vrai, par la super voile propre ˆ la version HD, qui favorise une navigation plus rapide et ne nŽcessitant pas de changer constamment le sens du vent (ce qui casse violemment le rythme), j'ai trouvŽ le moyen de m'affranchir involontairement de deux Žnormes aides pourtant disponibles pas trop tard dans le jeu : d'abord le chant des tornades (certes nŽcessaire pour avancer dans le jeu, mais dont je me suis privŽ une dizaine d'heures ds qu'il Žtait accessible!) et la rŽvŽlation des morceaux de carte par les poissons. J'en Žtais donc venu, gr‰ce ˆ mes facultŽs d'orientation qui aident pas mal dans ce genre de jeu, ˆ mŽmoriser quasiment toute la map et la position des ”les avec une carte quasiment vierge qui ne demandait qu'ˆ tre aisŽment remplie ! Mais cela allait devenir un gimmick grotesque illustrant ma progression : j'ai passŽ pratiquement tout le jeu ˆ me mettre des handicaps absolument sans le savoir, ne dŽcouvrant que largement aprs des ŽlŽments qui allaient me simplifier les choses. Genre le chant du soleil, dŽcouvert juste avant de rŽcupŽrer les deux derniers morceaux de Triforce. Bref, que des trucs qui auraient dž me faire gagner du temps, mais dont je n'ai jamais ressenti le besoin car ˆ aucun moment, je n'avais justement l'impression de perdre mon temps !

 

 

 

 

En effet, ˆ l'opposŽ d'Ocarina of Time o, ˆ quelques exceptions prs, je me suis contentŽ de suivre la trame principale en zappant la majeure partie des ˆ-c™tŽs (en grande partie parce que frustrŽ par la prolifŽration excessive de rubis dans un jeu o ma bourse Žtait limitŽe ˆ 500), j'ai ŽnormŽment fl‰nŽ dans Wind Waker. La libertŽ absolue que procurent les voyages en bateau me semble bien plus importante que dans un univers terrestre, et le thme principal l'accompagnant, absolument magnifique et trs rafra”chissant, constitue une vŽritable invitation au voyage. En fait, ce Zelda m'a donnŽ envie d'explorer tout son univers, lˆ o je trouvais Ocarina of Time certes vaste mais un peu trop fermŽ, et surtout cantonnŽ ˆ une qute de base ˆ laquelle Navi me rappelait constamment ˆ l'ordre. Dans Wind Waker, il faut le dire, il n'y a personne pour faire chier et c'est diablement plus agrŽable. Du coup, j'ai terminŽ le jeu aprs 55 heures si j'en crois le journal d'activitŽ de ma Wii U, contre 42 pour Ocarina of Time qui contient pourtant davantage de donjons. En effet, s'il y a bien un point sur lequel The Wind Waker est critiquŽ avec davantage d'objectivitŽ que les questions purement d'ordre visuel, c'est sa durŽe de vie "de base" et surtout le faible nombre de donjons. Vu que j'adore ces derniers et que j'avais exprimŽ une relative dŽception quant au statut de "faux donjons" des trois premiers d'Ocarina of Time, la quantitŽ et le design de ceux de Wind Waker avaient de ce fait toutes les chances de me dŽcevoir.

 

 

Pourtant, s'il est Žvident que la quantitŽ est discutable (6 au total dont le dernier qui n'en est pas vraiment unÉ), je n'ai absolument rien trouvŽ ˆ redire sur les environnements des donjons de ce Zelda, dont j'ai trouvŽ le level design intelligent et agrŽables ˆ parcourir. Je me suis mme surpris ˆ bloquer btement sur certains passages ou ne pas accŽder ˆ des coffres secondaires du fait d'une absence totale d'explications sur le second usage que l'on peut faire de certains objets (je pense entre autres ˆ la feuille Mojo et au grappin-griffe). Si leurs thmes musicaux ne sont hŽlas pas restŽs dans ma mŽmoire comme certains d'Ocarina of Time et surtout ceux des vieux Žpisodes, j'ai particulirement adorŽ la Tour des Dieux et le Temple de la Terre. Le concept de palais ˆ parcourir avec un personnage ˆ escorter et ˆ incarner pour progresser semble avoir ŽnervŽ pas mal de joueursÉ moi, j'ai trouvŽ a super ! Par contre, il est clair que Nintendo a merdŽ sur le dŽroulement de la seconde partie du jeu, d'un point de vue scŽnaristique et construction de la progression. Si la premire adopte le rythme popularisŽ par A Link to the Past (3 pierres ˆ rŽcupŽrer pour basculer vers la phase o l'on rŽcupre l'ŽpŽe de lŽgende), avec une variation trs intŽressante consistant ˆ ne pas proposer de donjon mais une sorte de fausse qute annexe pour l'une d'entre elles, l'idŽe de disperser les huit fragments de Triforce hors des donjons, et la faon de les rŽcupŽrer, s'avre extrmement discutable. Non pas que recourir aux service de l'inf‰me Tingle (je peux pas le blairer celui-lˆ, mais je suppose que c'est voulu) pour dŽchiffrer les cartes rŽvŽlant les emplacements des fragments constitue une expŽrience insupportable. Mais on a une vague impression de g‰chis sur une seconde partie du jeu qui manque de rythmeÉ si on se contente de a. Fort heureusement, j'ai passŽ le plus clair de cette seconde partie ˆ chercher des cartes au trŽsor, des fragments de cÏur (et de Triforce !) et ˆ explorer toutes les ”les, ce qui m'a empchŽ de vivre ce sentiment de frustration qui a dž en animer plus d'un ˆ l'Žpoque. Surtout quand on prend en compte l'absence de la "super voile" qui rend la navigation extrmement agrŽable, tout comme la gestion trs ergonomique des nombreuses cartes et de l'inventaire via le gamepad.

 

 

 

 

En effet, cette rŽŽdition tire toute la quintessence du menu Pause du Wind Waker original, favorisant la consultation des nombreuses cartes et la gestion de l'inventaire pendant que le Lion Rouge progresse au grŽ des vents. Mme si je pense que les aller-retour incessants entre jeu et pause ont dž tre moins pŽnibles ˆ l'Žpoque que la gestion des bottes de plomb dans le Temple de l'Eau d'Ocarina of Time, l'amŽlioration de l'expŽrience de jeu est ici Žvidente. Cependant, afin de me forger mon opinion sur une faon de jouer plus authentique, j'ai privilŽgiŽ le Pro Controller lors des donjons et mme lors des phases de navigation jusqu'ˆ ce que je me mette ˆ la vŽritable pche aux collectibles. Et il faut bien l'avouer: diriger un Link rŽpondant autant au doigt et ˆ l'Ïil, dans un univers 3D aussi fluide, avec une camŽra gŽrŽe intŽgralement au second stick, c'est une joie intense qui a dž faire le bonheur de plus d'un joueur en 2003. La Gamecube et sa puissance justifiaient de toute faon la mise en place d'une camŽra libre que Nintendo avait dŽjˆ expŽrimentŽe avec brio dans l'excellent Super Mario Sunshine (lui aussi dŽcriŽ avec de nombreux points communs avec Wind Waker, tiensÉ). Ajoutons ˆ cela l'idŽe fantastique d'un trs bref QTE pour enclencher une contre-attaque extrmement stylŽe durant les combats, et on obtient une jouabilitŽ prŽcise, aux petits oignons, en totale harmonie avec un univers visuellement superbe et parfaitement animŽ. Globalement, jouer ˆ The Wind Waker est un vŽritable plaisir, d'autant plus que dix ans aprs, la fluiditŽ des dŽplacements du personnage et des mouvements de camŽra n'a pas pris une ride et se montre mme largement supŽrieure ˆ bon nombre de gros titres 3D contemporains. Aussi, plus que jamais, ce remake HD incroyablement fin avait sa place sur une Wii U en manque de killer apps.

 

 

Toutefois, que serait un jeu agrŽable ˆ jouer s'il Žtait trop court ou trop facile? La question de la durŽe de vie, je l'ai dŽjˆ vaguement ŽvoquŽe : elle dŽpend clairement de la volontŽ du joueur ˆ se contenter d'un premier loop sans trop se prŽoccuper de tous les ˆ-c™tŽs que propose le titre – auquel cas il peut s'avŽrer lŽgrement dŽcevant du fait du nombre de donjons faiblard, compensŽ par une qute des fragments de Triforce davantage mal fichue que vŽritablement longue si on envisage d'encha”ner les huit d'affilŽe, dans la logique d'expŽdier l'histoire. En revanche, ds que l'on adhre ˆ la trs grosse force que constitue l'immense quantitŽ de qutes annexes du jeu, on ne peut qu'tre comblŽ. Cependant, en terme de challenge, Wind Waker colle beaucoup trop ˆ l'image enfantine que lui confre l'aspect dessin animŽ : il est trs facile et il faut vraiment en vouloir pour mourir. Je n'ai d'ailleurs vu l'Žcran Game Over qu'une seule fois par omission de remplir mes flacons de fŽes et/ou d'utiliser l'armure d'invincibilitŽ rŽellement cheatŽe du moment qu'on a fait (facilement) le plein de rubis. Preuve que le jeu assume sa facilitŽ : le joueur n'est aucunement rŽcompensŽ par l'affichage du nombre de vies perdues sur l'Žcran de sŽlection des parties. Ë l'inverse, sur ce dernier, on peut switcher ˆ volontŽ avec un mode HŽros plus difficile car trs avare en petits cÏurs (et d'ailleurs, on peut mme basculer vers ce mode en pleine partie). Peut-tre un autre aveu de faiblesse ? Les combats sont en effet intŽressants et trs bien gŽrŽs mais ne peuvent que laisser l'impression que les adversaires de Link ne lui infligent que des dŽg‰ts mineurs. The Wind Waker ne propose aucune upgrade de tunique, ce qui signifie qu'on termine le jeu avec exactement la mme rŽsistance aux attaques qu'au dŽbutÉ et on ne s'en plaint jamais vraiment. Dans un autre ordre d'idŽes, je n'ai pas eu l'impression que l'ŽpŽe de lŽgende offre davantage de puissance aux attaques de Link. Bref, si l'inventaire se remplit d'objets trs intŽressants et originaux pour certains (le grappin-griffe et la feuille Mojo notamment), Link ne donne pas cette impression de devenir de plus en plus fort et d'affronter des ennemis de plus en plus coriaces. Au mieux, les combats durent plus longtemps, mais on ne s'en plaindra pas trop vu que leur intensitŽ, leur ambiance et leur concept sont souvent trs bien pensŽs.

 

 

 

 

Puisque j'Žvoque les combats, il faut reconna”tre ˆ Wind Waker une force parmi ses faiblesses : l'ultime donjon et la sŽrie d'affrontements qui prŽfigurent le combat final sont de haute volŽe, et l'ultime rencontre avec Ganon(dorf) constitue un vŽritable sommet. Je dirais que ce duel est purement anthologique, spectaculaire et contient un ŽlŽment inattendu (je ne prŽciserai pas quoi) qui le rend encore plus lŽgendaire. Le personnage du plus grand ennemi d'Hyrule a d'ailleurs rarement ŽtŽ aussi travaillŽ et se montre particulirement charismatique et intŽressant ! De quoi justifier le choix trs pertinent de l'avoir modŽlisŽ sous forme de figurine dans l'Ždition collector de The Wind Waker HD, lˆ o bon nombre d'Žditeurs auraient privilŽgiŽ une figurine de Link dans son bateauÉ Puisqu'on en est dans cette histoire de personnalitŽ, j'ai trouvŽ les environnements spŽcifiques (ële des Forts, Mercant”le, ële de l'Aurore, ële du Dragon) et leurs populations extrmement pittoresques et attachants, d'autant plus que ces lieux se trouvent accompagnŽs par les thmes musicaux les plus agrŽables et entra”nants du jeu. D'un point de vue musical, je n'ai pas eu un coup de cÏur total sur ce jeu, dont j'estime les compositions assez inŽgales – un peu ˆ l'image de la progression et du level design, en fait ! J'ai retenu beaucoup plus de thmes d'Ocarina of Time que j'ai trouvŽ absolument magiques que dans cet opus qui m'a semblŽ un poil timide, voire limitŽ, au niveau de l'inspiration. Mais pour en revenir aux personnages, ils constituent un Žnorme bond en avant aprs les PNJ exaspŽrants, laids et (salement) caricaturaux de celui ˆ qui je le compare peut-tre un peu trop. Si les petites fŽes sont vraiment moches avec leurs allures de chŽrubins (pour ne pas dire qu'elles ressemblent au Vault Boy de la sŽrie Fallout !), les reines des fŽes sont Žvidemment beaucoup moins horribles (quoique encore assez moyennement bien foutuesÉ), et l'ensemble des personnages rencontrŽs donne envie de s'y attacher, de leur rendre service quand ils le demandent. Je suis de ce fait assez peinŽ de ne jamais avoir rŽussi ˆ prendre en flag' l'admiratrice d'Autofocus, le photographe qui attendait de moi que je surprenne celle qui lui envoie des lettres d'amour dont il n'a que faire. J'ai d'ailleurs ratŽ une qute annexe entire ˆ cause de a, mais fidle ˆ ma volontŽ de ne pas consulter la moindre soluce, je suis passŽ ˆ c™tŽ, malgrŽ mes tentatives pour comprendre quoi faireÉ

 

 

Finalement, ce point bien spŽcifique rŽsume assez bien mon expŽrience de The Wind Waker : j'ai trs rŽgulirement ramŽ et/ou ŽtŽ bloquŽ pour des points que je n'avais pas bien compris, ou qui n'Žtaient pas Žvidents du tout, voire auxquels je me suis intŽressŽ super tard. J'Žtais quand mme ˆ deux doigts de choper le vaisseau fant™me sans jamais avoir appris ˆ ma”triser le cycle jour/nuit (ce qui aurait constituŽ un exploit, je crois!), et j'avais dŽjˆ 12 cÏurs alors que je n'avais mme pas accŽdŽ au moindre des deux premiers (et seulsÉ) donjons post-Tour des Dieux. Mais assez Žtrangement, j'ai trouvŽ a gŽnial. J'ai adorŽ galŽrer et perdre des heures entires ˆ faire le tour de la map en bateau sans mme faire appel aux tornades, me taper toutes les tours de guet en espŽrant y rŽcupŽrer des cartes au trŽsor, et en gros rŽsumŽ, lˆ o Wind Waker a rŽussi ce qu'Ocarina of Time n'est pas parvenu ˆ faire aussi bien, c'est me faire ŽnormŽment accrocher ˆ toute sa partie immergŽe (enfin, faon de parler). Au travers des huit jours (et ˆ peine plus de sessions, de plusieurs heures chacune) que j'ai passŽs sur cette fantastique ŽpopŽe, j'ai systŽmatiquement allumŽ la console et lancŽ le jeu sans autre intention que de prendre le large et de "voyager", mais trs rarement avec l'accomplissement d'une qute de lŽgende en tte. Ce Zelda-lˆ ne propose pas l'histoire la plus mythique qui soit et sa qute principale souffre d'une baisse de rythme au pire moment qui soit, avant heureusement de reprendre des proportions grandioses sur sa toute fin. Mais il offre une vŽritable aventure dans le plus pur sens du terme, ce qui finalement n'est que logique pour une saga dont les Žpisodes sont censŽs constituer l'illustration parfaite du jeu d'aventure. Et de ce point de vue-lˆ, The Wind Waker est franchement unique au monde, rafra”chissant, Žvasif, superbe et relativement exceptionnel.

 

 

 

 

The Legend of Zelda: The Wind Waker est connu pour tre de ces jeux qui divisent. Et mme en le trouvant franchement gŽnial et addictif dans son ensemble, on lui trouve plŽthore de choses ˆ redire: trop grande facilitŽ, qute des morceaux de la Triforce au concept extrmement discutable, durŽe de vie peut-tre artificiellement rallongŽe par des aller-retour incessants en bateau. Mais il est de ces titres rares qui imposent une patte absolument unique dans une industrie ou la prise de risque est beaucoup trop rare, surtout chez des maisons aussi "traditionnalistes" que Nintendo. Outre le fait d'avoir osŽ un style graphique peu conventionnel et de l'avoir rŽalisŽ avec maestria, Miyamoto et son Žquipe ont fait souffler un vent de fra”cheur inattendu et gonflŽ sur une saga dont les bases sont trs solidement posŽes, interprŽtant la partition que constitue cette nouvelle aventure avec autant de dextŽritŽ que Link manie la baguette des vents. Non, The Wind Waker n'est pas le meilleur Zelda que Nintendo ait conu. Mais il est des tous meilleurs et je n'ai pas peur de dire que si j'avais fini par beaucoup aimer Ocarina of Time, je n'en serai jamais autant fan que de cet opus Gamecube qui a en plus eu la chance de jouir d'un remake HD visuellement exceptionnel, au gameplay merveilleusement amŽliorŽ, sous le charme duquel je suis tombŽ quasi immŽdiatement. Un charme qui a opŽrŽ tout du long au vu de la faon dont je l'ai abordŽ, et qui n'a aucune chance de retomber lorsque je m'y remettrai tant il m'a ŽmerveillŽ.

 


J'ai adorŽ / aimŽ :


+ JouabilitŽ absolument exceptionnelle: fluide, intelligente, agrŽableÉ

+ Visuellement superbe (pour ceux qui aiment le style) et surtout trs ma”trisŽ (qu'on aime ou pas)

+ Une incroyable sensation de libertŽ et d'appel ˆ l'aventure dans les grandes largeurs

+ Univers original, atypique, pittoresque et qui donne envie d'tre explorŽ et dŽcouvert

+ Ganondorf et le combat final puent la classe comme jamais jusqu'ici dans la saga

+ Quelques thmes musicaux grandioses (l'overworld et le remake du ch‰teau d'Hyrule surtout)

+ ƒnormŽment de mini-jeux, qutes annexes et lieux ˆ explorer

 


J'ai dŽtestŽ / pas aimŽ :


- Partie musicale inŽgale: du gŽnial, du sympa mais pas mal d'oubliable

- Vraiment trop peu de challenge (en terme de difficultŽ)

- Pas assez de donjons et de ce fait trop court en ligne droite

- La qute des fragments de Triforce, selon l'organisation du joueur, peut tre une Žnorme dŽception

- Le design des petites fŽesÉ SRSLY, WTF?

 

 

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