Uncharted 4: A Thief's End – The Last of Him

 

 

13 mai 2016

 

 

Nous y voilˆ. Attendu comme le messie par bon nombre de fans hardcore de Naughty Dog et de la marque PlayStation, dŽcriŽ par tous ceux assourdis par un tapage mŽdiatique rarement vu et une avalanche de notes Žlogieuses de la part d'une presse dont l'indŽpendance n'a que rarement ŽtŽ autant remise en cause, Uncharted 4: A Thief's End est enfin arrivŽ ˆ bon port. PrŽvu pour conclure les aventures d'un Nathan Drake devenu star du jeu vidŽo au travers d'une trilogie de haute volŽe sur PS3, cet ultime Žpisode a pour ambition de faire au moins aussi bien que ses a”nŽs — et si possible le second volet, objectivement encensŽ par toute une gŽnŽration. Les risques de passer ˆ c™tŽ Žtaient pourtant bien prŽsents, entre possibilitŽ d'offrir une aventure splendide mais terriblement creuse, ou un scŽnario concluant mal la saga et dont on se serait finalement dispensŽ ; aprs tout, Uncharted 3: Drake's Deception avait presque des allures de fin en soi, et Naughty Dog nous avait habituŽs ˆ se contenter de trois Žpisodes pour ses deux prŽcŽdentes sagas phares (Crash Bandicoot et Jak & Daxter). Du coup, "U4" est-il l'Žpisode de trop ou une conclusion en apothŽose ? L'heure est venue de rendre un verdict loin d'tre Žvident.



Ë propos de la version jouŽe :

 

Cette critique a pour but de relater uniquement la partie solo d'Uncharted 4, qui constitue de toute faon le cÏur du jeu. Son mode multijoueur ne sera donc pas abordŽ ici, en partie faute d'expŽrience et de temps ˆ y consacrer sur la longueur et en profondeur pour le moment, et ne sera pas ŽvoquŽ non plus dans le bilan final et les points positifs/nŽgatifs. Il y a toutefois fort ˆ parier que son contenu toujours soignŽ et variŽ, son dynamisme in-game (notamment dž aux 60fps fort apprŽciables dans ce genre de contexte), ainsi que sa verticalitŽ offerte par de nouveaux ŽlŽments de gameplay exclusifs ˆ ce volet, le rangent du c™tŽ des forces du titre dans sa globalitŽ.

 

 

 

 

Uncharted 4: A Thief's End se prŽsente un petit peu comme l'hŽritage d'une trilogie ma”trisŽe de bout en bout sur une PS3 l'ayant vu exploser ˆ la face du monde de manire quelque peu inattendue, mais aussi de l'exceptionnel The Last of Us, avec qui il se doit de partager bon nombre de similitudes. La recette habituelle vue et revue sur la prŽcŽdente gŽnŽration est donc conservŽe : exploration plut™t linŽaire dans des paysages et dŽcors somptueux, Žnigmes intelligemment pensŽes mais toujours globalement simples et assistŽes, et phases de gunfight dynamiques, immersives, mais desservies par des adversaires crŽtins au possible. Des aventures de Joel et Ellie, "U4" rŽcupŽrera davantage de l'infiltration correcte mais pas folle (mais amŽliorŽe par rapport aux anciens volets quand mme), et surtout une sorte de maturitŽ scŽnaristique et de mise en scne que l'on n'attendait pas forcŽment. En effet, de ce point de vue, cet Žpisode de la sŽrie Uncharted est de loin le plus passionnant ˆ suivre en terme de synopsis, de rebondissements, et a le mŽrite d'offrir une fin qui ne se moque pas du joueur en se montrant faussement ouverte. Sans rien spoiler bien entendu, "A Thief's End" porte dr™lement bien son nom, portŽ par une conclusion efficace, inattendue, mme Žmouvante et surtout cohŽrente et ne laissant pas de place ˆ des tonnes d'interprŽtations. Clairement, avec cet opus, Naughty Dog prend le risque de refermer le chapitre d'une vŽritable poule aux Ïufs d'or, mme si l'on est pas ˆ l'abri d'un reboot, d'un Žpisode "zŽro" ou du portage PS4 espŽrŽ de "Golden Abyss", l'exclusivitŽ Vita, rŽclamŽ par par beaucoup.

 


 

 

Oui, cette critique commence par la fin (sans trop en dire cependant, vous en conviendrez), et c'est sans aucune transition que nous revenons ˆ l'introduction du jeu, dŽcrite pompeusement par les responsables du studio comme une des plus impressionnantes de l'histoire (sic). Il fallait tre gonflŽ pour s'avancer ˆ ce point tant celle de The Last of Us avait marquŽ — pour ne pas dire traumatisŽ — un sacrŽ nombre de joueurs. DŽfinir ce qu'est vraiment l'introduction d'Uncharted 4 est loin d'tre simple. La scne d'introduction immŽdiate est effectivement saisissante et nous plonge tout de suite dans le grand bain (vous comprendrez trs vite la subtilitŽ de ce calembour grotesque), avant de voir lui succŽder deux chapitres bien distincts dont l'issue lancera le vŽritable gŽnŽrique d'intro. Le jeu est long ˆ dŽmarrer et clairement, Naughty Dog lorgne davantage du c™tŽ de son lŽgendaire survival de 2013 dans sa faon d'immerger le joueur dans Uncharted 4. L'Žcran-titre propose par exemple un plan fixe sur un dŽcor Žnigmatique ˆ l'animation lente mais saisissante, sans afficher le titre du jeu ni le fameux "Nate's Theme" pourtant passŽ ˆ la postŽritŽ. PassŽe une longue phase d'entrŽe en matire donc, le gŽnŽrique d'intro teintŽ de fan service s'offre ˆ nous, pour le plus grand bonheur de ceux ayant dŽjˆ bouclŽ la trilogie originelle. Cependant, et avant de revenir ˆ cette notion de cadeau aux fans, il est important de prŽciser que toute cette intro sera assez symptomatique de ce que "U4" offrira la plupart du temps : un rythme global souvent lent, moins axŽ sur le combat et davantage sur l'exploration, la contemplation et les dialogues. Qu'on n'aille pas croire toutefois que cela ternisse l'expŽrience : ce quatrime et ultime opus prend clairement le parti de se dŽmarquer de ses a”nŽs, et le rŽussit avec une telle ma”trise qu'on se retrouve rŽgulirement ˆ culpabiliser de lui faire des reproches.

 


Aprs un Uncharted 2: Among Thieves universellement acclamŽ pour son cocktail action-aventure au rythme Žpoustouflant, ND nous avait pourtant presque prŽvenus avec un troisime opus dont certains chapitres avaient ŽtŽ critiquŽs pour leur relative lenteur ou un c™tŽ scriptŽ qui commenait ˆ ne plus trop passer. D'une certaine faon, c'est bien plus du c™tŽ du 3 (ou "d'U3") que "A Thief's End" se rapproche sur sa globalitŽ, ˆ cette diffŽrence prs que l'aspect exploration a ŽtŽ davantage poussŽ, et justifie donc avec une certaine pertinence ces phases plus longues (on n'osera dire "lentes"). De nombreux chapitres offrent en effet des zones semi-ouvertes absolument bluffantes de rŽalisme mais sans jamais verser dans le photorŽalisme froid et ennuyeux (coucou The Order: 1886 !). Sans trop en dire, deux chapitres du jeu permettent de se dŽplacer ˆ travers des espaces sauvages au-delˆ du sublime, dont les limites se veulent cohŽrentes et o l'on peut choisir d'alterner le mode de dŽplacement, entre diriger Nathan Drake ˆ pied et conduire un vŽhicule, une premire dans la sŽrie. Les phases de conduite en question ne sont mme pas scriptŽes, et si l'on pourra toujours dire que les sensations de conduite du 4x4 sont parfois bizarres (on est un peu en-dessous de celles d'un MotorStorm Pacific Rift pour comparer ce qui est comparable), l'idŽe d'y accrocher un treuil est bien exploitŽe et on regrette mme de ne pas avoir davantage ˆ s'en servir dans le jeu. La conduite en bateau, elle, se montre agrŽable et toute la sŽquence autour d'une immense ”le et des petits bouts de terre / ”lots l'entourant rappellera quelque peu la sensation de libertŽ formidable d'Assassin's Creed IV: Black Flag, d'autant plus que les dŽcors s'en rapprochent pas mal. Le gameplay d'Uncharted a donc ŽvoluŽ et plut™t bien, et surtout, on apprŽciera grandement que cette conduite de vŽhicules, ˆ une sŽquence prs, ne soit pas btement scriptŽe, sans possibilitŽ d'en sortir pour explorer les alentours. Certes, a ne rŽvolutionne rien dans l'histoire du mŽdium (on a dŽjˆ vu a dans Just Cause par exemple) mais la sŽrie y gagne clairement.

 

 

 

 

D'une manire gŽnŽrale, cet Uncharted a le mŽrite d'oser un petit peu en terme de jouabilitŽ, mme s'il ne convainc pas partout. On a dŽjˆ parlŽ de la conduite de vŽhicules et notamment du treuil, parfaite transition pour Žvoquer le grappin (trs en vogue ces derniers temps) dont "U4" abuse carrŽment, rendant les sŽquences de plate-forme / escalade encore plus folles qu'avant. C'est bien sur ce seul point que les aventures de Nathan Drake ont toujours manquŽ de rŽalisme, tant les sauts de notre hŽros en situation critique sont inhumains, bien que grisants. Pas mal de phases requirent de trouver un bon cheminement d'escalade et parfois de se jeter dans le vide en faisant confiance ˆ la rŽsistance d'une corde dont on se demande toujours comment elle peut ne pas avoir cŽdŽ depuis le temps. En outre, si parfois plusieurs "routes" s'offrent ˆ nous, force est de constater que tout ceci reste limitŽ en se rŽfŽrant, par exemple, aux zones semi-ouvertes de Rise of the Tomb Raider — qui ne tient la comparaison ˆ peu prs que lˆ-dessus, de toute faon. Enfin, comme ŽvoquŽ un peu plus haut, Uncharted s'essaie ˆ une infiltration plus poussŽe, avec une jauge de mŽfiance des ennemis. L'effort est ˆ signaler mais on demeure encore loin des cadors du genre, et on se contentera d'apprŽcier ce petit plus pas trop mal foutu qui ne constitue de toute faon pas un ŽlŽment de gameplay majeur ici.



La sŽrie Uncharted n'a jamais "brillŽ" par son gameplay. Pas que celui-ci soit mou ou convenu, mais juste parce qu'il n'a jamais rien rŽvolutionnŽ et s'est contentŽ de correspondre aux standards du genre, appliquant avec soin un cahier des charges respectŽ ˆ la lettre. Ici, peut-tre en attendait-on un peu plus, prs de cinq ans aprs le troisime volet. Aucune nouvelle arme ne sŽduit particulirement, et l'impossibilitŽ de renvoyer les grenades (qui avait dŽjˆ ŽtŽ proposŽe tardivement, seulement dans "U3") frustre quelque peu d'autant plus qu'elle ne se trouve pas vraiment d'explication. De manire globale, force est de constater qu'en dŽpit d'un dynamisme relativement intact, les mŽcaniques commencent ˆ tre un peu rouillŽes ; si les aficionados de longue date se laisseront sŽduire du fait d'un terrain dŽjˆ connu, il y a fort ˆ parier que les fans de shooters "pensŽs comme tels" trouveront des choses ˆ redire. En fait, dans sa globalitŽ, "U4" est beaucoup moins un TPS que ses prŽdŽcesseurs. L'Žquilibre entre action, aventure, exploration et contemplation n'est plus tout ˆ fait le mme, et cette ultime pŽriple de Nathan Drake a parfois tout d'une longue procession ponctuŽe de sŽquences visant ˆ rŽveiller le joueur aguerri qui commencerait ˆ se lasser des peintures d'anthologie dans lesquelles il se promne. Parce que oui, aussi incroyable que cela puisse para”tre, l'aspect visuel et technique de ce volet n'a toujours pas ŽtŽ ŽvoquŽ ; et pourtant, dieu sait combien il constitua, ds le premier trailer de gameplay, une des plus grosses attentes d'un public attendant toujours une sorte de nouvel Žtalon graphique sur une gŽnŽration de consoles ne s'Žtant pas encore trop rŽvŽlŽe ˆ ce niveau. On pourrait bien sžr encore parler d'un The Order, mais on conviendra unanimement que ce dernier Žtait une Žnorme dŽmo technique trop courte et au gameplay terriblement terne. Uncharted 4 Žtait davantage attendu pour prouver quelque chose au-delˆ des beaux graphismes, et s'il est effectivement trs agrŽable ˆ jouer en dŽpit de ses longueurs et de ses phases d'action/aventure plus forcŽment au gožt du jour, il devait se montrer ˆ la hauteur de ses ambitions pharaoniques.

 

 

 

 

C'est suffisamment rare pour tre signalŽ : "A Thief's End" vaut le coup d'accorder une grosse partie de sa critique ˆ ses graphismes. On peut spoiler le verdict immŽdiatement : c'est le plus beau jeu vidŽo jamais vu sur consoles. De l'avis de nombreux connaisseurs plut™t neutres, il n'a mme pas ˆ rougir face ˆ des titres contemporains parfaitement optimisŽs sur PC. On savait que les "Dogs" avaient une longueur d'avance sur la concurrence, y compris sur les productions de Sony Santa Monica ou des autres studios sous contrat exclusif PlayStation. Mais ˆ ce pointÉ Concrtement, on est face au jeu console le plus photorŽaliste rencontrŽ jusqu'ici. Mais plut™t que d'Žvoluer dans une carte postale aussi magnifique que plate, Naughty Dog a donnŽ vie aux dŽcors sublimes qu'il a crŽŽs. Chaque univers s'explore ˆ fond et propose pas mal de dynamisme, lˆ o d'autres titres visuellement surprenants sonnaient trs creux. Si les interactions avec le dŽcor demeurent limitŽes, on prend un plaisir irrŽsistible ˆ examiner chaque portion de jeu sous ses moindres recoins et ˆ abuser d'un mode photo trs complet et permettant de se constituer son propre album souvenir. En soi, Uncharted 4: A Thief's End a tout du voyage virtuel, et c'est sur les deux grosses zones les plus ouvertes que l'on tombera dans le pige vicieux tendu par les dŽveloppeurs visant ˆ rallonger un peu artificiellement la longŽvitŽ de l'expŽrience. Lˆ o l'aventure vous tiendra en haleine aux alentours de la quinzaine d'heures en mode normal ou difficile, il y a fort ˆ parier que vous ayez l'impression d'en avoir passŽ plus d'une vingtaine juste ˆ mitrailler les paysages de screenshots. Ë noter que le mode photo n'est qu'un complŽment en ce sens, qui n'embellira jamais ce que propose le titre in-game. Il propose juste tout un tas de filtres et d'effets, ˆ l'instar de celui des remasters PS4 du studio. S'arrter en plein jeu, sur un Žcran dŽpourvu de tout ATH, et orienter la camŽra (par ailleurs impeccable au niveau de sa gestion) autour de Drake pour trouver le clichŽ parfait constitue une expŽrience quasi garantie, et pas qu'une fois.



DŽtaillons donc un peu ces fameuses performances visuelles. Si la direction artistique est Žvidemment trs soignŽe et que tous les environnements traversŽs (jungle, grottes, plages, forts, montagnes, intŽrieurs de ch‰teaux ou d'Žglises, et on garde des surprisesÉ) se montrent sans Žgal, c'est parce qu'ils sont techniquement ma”trisŽs comme jamais. Tout ce qui touche ˆ l'eau est quasi parfait, n'ayons pas peur des mots, tout comme les effets de lumire, d'ombre et de fumŽe (avec des explosions largement amŽliorŽes qui se montrent enfin trs convaincantes). La lumire, d'ailleurs, semble parfois saturer un peu, et rappelle certains effets du dernier Tomb Raider ˆ ce niveau. On mettra aisŽment cela sur le compte d'environnements extrmement exposŽs au soleil et qui retranscrivent en rŽalitŽ l'effet de luminositŽ trs forte de certaines zones du globe irradiŽes par l'astre solaire. Cependant, c'est du c™tŽ de la vŽgŽtation qu'il faut lorgner pour apprŽcier la performance la plus stupŽfiante techniquement. Cet ŽlŽment de dŽcor, surtout vu de prs, a toujours constituŽ un dŽfi, et en gŽnŽral un point faible et piquant les yeux, sur bon nombre de jeux pourtant magnifiques. Tout d'abord, les zooms en gŽnŽral disgracieux infligeant au joueur une bouillie de pixels ou de textures plates honorent les feuillages au prix d'une prouesse technique surprenante. En outre, bon nombre d'herbes hautes, de fougres, de buissonsÉ bŽnŽficient d'une animation Žtonnamment fluide et se traversent avec un rŽalisme visuel bluffant. En terme de fluiditŽ, d'ailleurs, Uncharted 4 est lˆ aussi exemplaire. Quasiment aucun ralentissement n'a ŽtŽ ˆ dŽplorer, le framerate est parfaitement constant et le voir n'accuser aucune perte grossire prolonge le confort. Alors oui, on pourra dire que 30fps, c'est dommage, surtout aprs avoir vu les remasters de la trilogie PS3 originelle ou encore de The Last of Us qui bŽnŽficiaient d'un ajustement ˆ 60fps trs dynamique. Mais pour un titre aussi "cinŽmatographique" que "A Thief's End", cela prend en fait tout son sens et se montre beaucoup plus cohŽrent, dans la continuitŽ de cinŽmatiques d'anthologie se fondant dans les phases de gameplay (et inversement) dans une osmose saisissante.

 

 

 

 

On le savait, Naughty Dog ma”trisait l'art de la mise en scne et avait franchi un cap avec The Last of Us en terme d'Žmotions et de capture de mouvements. Non seulement le studio californien Žtait parvenu ˆ dŽpasser ce que David Cage et les Žquipes de Quantic Dream avaient tentŽ de faire avec plus ou moins de rŽussite dans Heavy Rain ou Beyond: Two Souls, mais il avait trouvŽ le moyen d'en faire un ŽlŽment de complŽment ˆ une aventure ne misant pas qu'essentiellement sur sa narration. Or, la sŽrie Uncharted avait encore pas mal ˆ prouver ˆ ce stade, car si ses cinŽmatiques Žtaient toujours trs crŽdibles et spectaculaires ˆ suivre, l'empathie envers les personnages et — surtout — la profondeur du synopsis demeuraient ˆ prouver pour beaucoup. Certes, on s'est trs vite attachŽs au trio Nate-Elena-Sully ds le premier volet (au point de voir ce bon vieux Victor Sullivan remis en avant dans "U3" suite ˆ la dŽception des fans de le voir si peu exploitŽ dans le second Žpisode), mais l'ensemble demeurait trs caricatural, au mieux du niveau d'une bonne BD d'aventures. On avait pu constater un travail plus approfondi des personnages et de leur background dans "Drake's Deception" en 2011, mais on espŽrait quand mme mieux. Eh bien, ˆ de trs rares exceptions, la saga a mžri ˆ ce niveau et on sent que l'Žprouvant roadtrip amŽricain de Joel et Ellie est passŽ par lˆ.



En-dehors du sympathique trio ŽvoquŽ ci-dessus (avec une mention pour Elena dont le r™le de potiche initialement craint s'est trs vite effacŽ), chaque personnage additionnel proposŽ s'Žtait globalement montrŽ dŽcevant ou trop caricatural (Chloe Frazer et son c™tŽ "bad girl" lourdingue, Charlie Cutter et ses muscles, Zoran Lazarevic en mŽchant clichŽ au possible) ou sous-exploitŽ (Katherine Marlowe surtout). Le risque d'intŽgrer un nouveau personnage trs important en la personne de Sam, le frre de Nathan Drake, et de dŽcrire une grosse partie de son background, Žtait ŽlevŽ car si ce protagoniste Žtait mal Žcrit, Naughty Dog flinguait clairement une partie de sa production. Fort heureusement, l'a”nŽ des Drake est plut™t attachant bien qu'on s'en mŽfie constamment, et il constitue avec son frangin un nouveau duo que l'on prend beaucoup de plaisir ˆ suivre et ˆ tenter de conduire ˆ ses fins aux quatre coins du monde. Les chapitres "flashback" expliquant son passŽ, intimement liŽ ˆ celui de son petit frre, sont un peu longuets et cassent parfois le rythme (surtout le dernier), mais on les savoure avec plaisir parce que ND nous raconte une vraie histoire, ma”trisŽe et intŽressante, avec des rebondissements relativement inattendus. L'antagoniste principal, dont on taira l'identitŽ, sait se montrer assez irritant pour qu'on attende d'enfin pouvoir l'occire, mais on regrettera ŽnormŽment la sous-exploitation de son acolyte, au chara design fascinant et dont on aurait aimŽ davantage profiter qu'au travers de trop peu de rencontres et de cinŽmatiques. Par contre, dans l'ensemble, jamais les personnages de la sŽrie Uncharted ne s'Žtaient montrŽs aussi convaincants, et le quatuor principal s'avre plus attachant que jamais.

 

 

 

 

Il convient de rendre hommage ici ˆ Nate, Elena, Sully et Sam. Si l'on n'a plus besoin de prŽsenter notre aventurier aussi beau gosse que maladroit et poissard, ou encore son vieil acolyte vanneur et toujours fourrŽ dans les mauvais coups, on doit bien reconna”tre que Elena demeurait un personnage dont le potentiel semblait encore ˆ approfondir. Uncharted 4 lui rend un trs, trs vibrant hommage et en fait un personnage fŽminin non jouable d'excellente facture, dans des dimensions que l'on n'aurait jamais osŽ imaginer en 2007 lorsqu'elle fut introduite comme la potiche blonde de base, incarnant bon nombre de clichŽs que l'on pourrait sincrement taxer de sexistes (plastique avantageuse mise ˆ part ; ˆ ce niveau, c'est plut™t du c™tŽ de Chloe Frazer, et notamment de sa paire de fesses constamment mise en avant dans Uncharted 2, que l'on pouvait grincer des dents). Ds une sŽquence intervenant t™t dans le jeu, o le fameux fan service est particulirement mis en avant, Elena s'impose aux c™tŽs de son compagnon comme une ic™ne fŽminine numŽrique crŽdible et attachante, pas sexualisŽe pour un sou, et qui se trouvera au cÏur de pas mal de moments forts d'une intrigue renforant une personnalitŽ plus marquŽe et travaillŽe. Elle devient alors un side-kick de premier choix, et l'on en en vient ˆ regretter de ne pas avoir vue mise en valeur de la sorte plus t™t dans les prŽcŽdents volets et particulirement dans le tout premier, qu'on pardonnera du statut de son coup d'essai de toute faon convaincant.



Si ce bon vieux Victor Sullivan est Žgal ˆ lui-mme (capital sympathie toujours intact, rŽpliques toujours aussi fun, et encore plus apprŽciŽ depuis un Žpisode 3 ayant renforcŽ ses liens avec Nathan), c'est du c™tŽ de Sam Drake que repose une grosse partie de la narration d'Uncharted 4: A Thief's End, pour ne pas dire de son expŽrience de jeu globale. Plus on progresse dans l'aventure, plus on comprend que l'a”nŽ des Drake (mais s'appellent-ils vraiment "Drake", d'ailleurs ?É), de par son histoire, ses relations avec son hŽros de frre, et son apport considŽrable ˆ l'ultime qute de celui-ci, constitue la clŽ de vožte de cet Žpilogue de la saga de Naughty Dog. Et pourtant, il y avait de quoi tre dubitatif. Si son arrivŽe (ou plut™t, devrait-on dire, son retourÉ) dans la sŽrie se montre quelque peu tŽlŽphonŽe, cette sorte de doppelgŠnger de Nate permet de complŽter une action qui serait finalement moins explosive et variŽe sans lui et tous les trucs qu'il a pu apprendre ˆ son cadet. Seule ombre au tableau : ce personnage a ŽtŽ de toute Žvidence imaginŽ bien aprs Uncharted 3, et du coup il est frustrant de ne devoir qu'ˆ son retour dans la vie de Nathan certaines techniques que ce dernier n'a du coup jamais explorŽes dans la trilogie d'origine. On pense bien sžr ˆ tout ce qui touche au grappin, que Sam lui a enseignŽ ds leur adolescence, offrant des aptitudes spectaculaires que Nate semble subitement redŽcouvrir ˆ son contact. C'est d'ailleurs une des seules incohŽrences d'un scŽnario qui, s'il n'atteint bien sžr pas les sommets d'Žmotion, de maturitŽ et de The Last of Us, se montre clairement le plus abouti de la saga. Ce qui devait de toute faon tre le cas pour la conclure en beautŽ. Ce bond en avant en terme d'Žcriture, Uncharted 4 le doit principalement ˆ un homme : Neil Druckmann.

 

 

 

 

On l'a dit, il y a un avant et un aprs The Last of Us, et en intŽgrant ˆ la sŽrie Uncharted l'homme ˆ qui Ellie et Joel doivent leur formidable (et mŽritŽe) success story, Naughty Dog s'offre une histoire plus sombre, plus mžre, explorant davantage le profil des personnages, renforant leurs liens et surtout l'empathie du joueur envers leur destinŽe. C'est avec une certaine surprise teintŽe de mŽlancolie que l'on termine alors Uncharted 4, abaissant le rideau sur une sŽrie au meilleur des moments, ne l'ayant pas laissŽe passer par la case de l'Žpisode de trop, mme si le rythme parfois monotone et trop contemplatif de cette ultime expŽdition en laissera certain(e)s sur leur faim par moments. Toutefois, on dŽfiera quiconque ayant apprŽciŽ les aventures prŽcŽdentes de Nathan Drake, et ayant tant qu'ˆ faire gožtŽ ˆ The Last of Us et aux plus anciennes productions de Naughty Dog, de ne pas tre touchŽ par un Žpilogue compltement inattendu, franchement Žmouvant, et qui conclut sur une note parfaite un volet rŽsolument pensŽ pour les fans. Outre le dŽjˆ cŽlbre easter egg rappelant ce bon vieux Crash au souvenir de tous (un peu sous forme de crve-cÏur d'ailleurs, un retour du "bandicoot" Žtant toujours espŽrŽ en vain par de nombreux fans), c'est clairement du c™tŽ de la superproduction vedette de 2013 qu'il faut chercher des clins d'Ïil, discrets ou bien visibles. En plus de quelques rŽfŽrences cachŽes, "U4" en est une suite directe sur le plan de la direction artistique, reprenant toutes ses forces techniques (notamment au niveau des dŽcors dŽlabrŽs et/ou envahis par une nature ayant repris ses droits), mais aussi certaines idŽes de sa bande son si rŽgulirement acclamŽe.



Aprs trois volets dont l'ambiance musicale fut confiŽe ˆ un Greg Edmonson la soignant avec brio (et offrant donc un thme principal devenu culte), c'est ici ˆ Henry Jackman (valeur sžre de ces dernires annŽes du c™tŽ du septime art) que revient l'honneur de composer la bande originale de cet Žpisode crŽpusculaire. Le changement de style est plut™t radical, avec beaucoup moins de compositions enlevŽes et grandiloquentes, et peu de morceaux "couleur locale" un peu clichŽ — mme si c'Žtait trs rŽussi dans les trois prŽcŽdents volets, on apprŽciera cette volontŽ de ne jamais cŽder ˆ la facilitŽ. Non, bien au contraire, on penche plus souvent du c™tŽ de l'intimiste, de l'acoustique, avec notamment des interprŽtations ˆ la guitare sche et au piano du thme principal de la trilogie de base, merveilleusement posŽs sur des scnes o ce type d'ambiance est loin d'tre Žvident ˆ appliquer. La recette musicale de The Last of Us, qui avait su marquer tant de joueurs (mŽlomanes ou non), est ici reprise avec beaucoup de soin. Elle accompagne efficacement notre gentleman voleur de trŽsors au travers de son ultime ŽpopŽe en proposant une proximitŽ encore jamais atteinte avec lui, accentuant la volontŽ bien visible de Naughty Dog de conduire le joueur ˆ faire corps avec son hŽros comme jamais encore dans la sŽrie. Plus encore que la fin d'une saga, c'est celle d'un homme que l'on vit, et le titre de cette production n'est pas anodin. "La fin d'un voleur" n'est pas une vaine expression : Uncharted 4 ne ment pas ˆ ce sujet, soucieux de tenir son engagement de refermer un des plus beaux chapitres de l'histoire du jeu d'action-aventure.

 

 

 

 

Toutefois, qu'on se le dise : Uncharted 4 aura peu de chances de sŽduire ceux qui n'avaient pas adhŽrŽ ˆ la formule jusqu'ici, ˆ moins de rechercher une claque technique. On tient ici le testament d'une bien belle saga qui sait s'arrter ˆ temps avant de verser dans la redondance et de vouloir trop en faire, tout en se posant en ma”tre Žtalon Žvident d'un cycle de consoles ayant trouvŽ son patron sur le plan de la rŽalisation. Reste qu'Uncharted 4 s'impose avec un peu trop de facilitŽ au sein d'une gŽnŽration qui attendait un peu dŽsespŽrŽment, depuis deux ans et demi, un porte-Žtendard digne de ce nom, lˆ o la prŽcŽdente les avait vu honntement dŽfiler en nombre, s'arrtant en 2013 sur une autre production Naughty Dog faisant l'unanimitŽ comme rarement. Ë l'heure du bilan, il conviendra en effet de s'interroger sur la trace qu'il laissera dans l'histoire du mŽdium en comparaison avec le deuxime volet, acclamŽ en son temps, ou un The Last of Us signant le chant du cygne d'une pŽriode dorŽe pour le jeu vidŽo narratif, enfin libre de s'exprimer ˆ hauteur de ses ambitions de concurrent du cinŽma. Pour l'heure, sur PlayStation 4 et sur ce qu'on qualifie encore de "huitime gŽnŽration de consoles", Uncharted 4: A Thief's End n'a pas spŽcialement de rival dans son genre, et surtout, prend une avance incontestable sur toute autre production au point de se demander qui pourra l'Žgaler en terme de rŽalisation. On ne parle pas ici que d'une technique ma”trisŽe mais d'un ensemble, o narration, atmosphre et immersion fusionnent comme rarement (pour ne pas dire jamais) le jeu vidŽo a su le faire dans un titre ˆ progression linŽaire. Seules ombres au tableau, son gameplay certes plus fouillŽ mais encore perfectible, et son manque de rythme par moments empcheront peut-tre, par la suite, ce dernier Uncharted d'tre vu comme le meilleur avec le recul. En tout cas, en l'Žtat, seuls des gamers (lŽgitimement) exigeants trouveront vraiment ˆ y redire, mais pas forcŽment pour une question de contenu et de challenge.



D'un point de vue dŽfi et (surtout) de durŽe de vie, en effet, ce grand final constitue l'apothŽose d'une sŽrie jusqu'ici peu acclamŽe pour sa rejouabilitŽ, surtout en solo. Les Uncharted sont effectivement des titres que l'on apprŽcie de se refaire comme on revit un bon film, mais jamais vraiment dans le cadre d'une expŽrience de replay value. Ici, outre un mode extrme toujours aussi retors (et moins crŽtin que le mode "brutal" grotesque de la Nathan Drake Collection, beaucoup trop dur et aux checkpoints parfois mal disposŽs car quasi fatals), un des trophŽes sobrement intitulŽ "Speedrun" nous invite ˆ rusher un jeu pas forcŽment taillŽ pour cela, mais qui nous offre une nouvelle approche plus dynamique et imposant une certaine tactique entre baston et inflitration lors des phases grouillant d'ennemis. Une interrogation dŽjˆ soulevŽe durant le premier loop et qui rappellera une nouvelle fois des choix stratŽgiques dŽjˆ expŽrimentŽs ˆ plusieurs reprises dans The Last of Us. En outre, ˆ l'instar de celui-ci, les collectibles ne se limitent enfin plus qu'ˆ une simple chasse aux trŽsors (qui sont au nombre de 109, soit plus nombreux que dans n'importe quel Žpisode prŽcŽdent), mais aussi ˆ l'examen de tout un tas de documents et d'artefacts annexes, ou d'interactions et de conversations optionnelles avec les PNJ ˆ ne pas manquer. On dŽplorera juste que les choix de rŽponses proposŽs dans certains dialogues, ce qui avait ŽtŽ mis en avant dans un des trailles, soient en fait aussi rares et sans incidence aucune dans le relationnel entre les personnages — au moins au cours de la sŽquence qui suit. Il y avait peut-tre un petit quelque chose de plus ˆ creuser ici, mais ne serait-ce pas tre un peu trop gourmand ? Et tout simplement, d'une manire gŽnŽrale, le moindre petit reproche que l'on voudrait adresser ˆ Uncharted 4, au-delˆ de la redondance d'une jouabilitŽ ayant peu ŽvoluŽ d'une gŽnŽration ˆ une autre, ne relverait-il pas du perfectionnisme masochiste ? C'est bien lˆ la marque des grands jeux : on en vient ˆ les titiller sur des dŽtails infimes, parce qu'on refuse leur quasi perfection apparente. Ce qui est sžr en tout cas, c'est qu'Uncharted 4: A Thief's End porte une Žvidente autre marque des plus grandes Ïuvres d'art numŽriques de son genre : la sensation de manque une fois terminŽ, et ce d'autant plus qu'on sait dŽsormais que tout est fini et que nous ne revivrons trs probablement plus jamais cela. Aprs nous avoir dŽjˆ portŽ ce genre de coup au cÏur avec The Last of Us, Naughty Dog sait vraiment soigner ses conclusions.

 

 

 

 

Voilˆ, c'est fini. Uncharted 4: A Thief's End est terminŽ, et cl™ture avec lui une sŽrie magistrale dont on ne pourra vraiment regretter qu'un gameplay un peu convenu et ayant finalement connu trop peu de bouleversements. Or, comme il n'y a globalement rien ˆ redire en terme de sensations de jeu, tant l'immersion est totale et parfaitement gŽrŽe, il faudra bien s'arrter sur autre chose si l'on veut absolument lui reprocher quelque chose. Mais pourquoi tant s'acharner ˆ chercher la petite bte, me direz-vous ? Parce qu'il est presque agaant de voir une telle saga se conclure de haute volŽe avec une telle maestria, et de se dire qu'on n'a pas spŽcialement d'Žquivalent ˆ qui la comparer avec objectivitŽ. Qu'on se le dise : le dernier Uncharted fera date sur ŽnormŽment de points et n'est pas que "le plus beau jeu vidŽo jamais sorti sur console ˆ ce jour". Il referme avec brio les aventures d'un personnage charismatique et sympathique avec lequel on aura souffert jusqu'au bout de sa "carrire" de chasseur de trŽsors. Faire revenir sur le devant de la scne Nathan Drake aprs le chef-d'Ïuvre que constitua The Last of Us constituait un gros risque, tout comme certains ajouts ayant semŽ initialement des doutes lŽgitimes, mais force est de constater que Naughty Dog a su tirer parti de l'expŽrience de son survival d'anthologie pour peaufiner les qualitŽs de sa sŽrie d'action-aventure et d'offrir un bouquet final de toute beautŽ ˆ son hŽros qui mŽritait la fin digne qui lui est offerte ici. S'il est fort probable qu'il sŽduira davantage les fans de longue date qu'il se trouvera un nouveau public, et qu'il n'est pas forcŽment un concurrent crŽdible au titre de meilleur jeu vidŽo de tous les temps (ce dont en fait on se fout), le doute n'est pas permis : Uncharted 4: A Thief's End est un trs, trs grand jeu que l'on n'oubliera pas, et qui surtout, a rempli ses objectifs et tenu l'essentiel de ses promesses. Et c'est ce qu'on attendait de lui. Merci les "Dogs".



J'ai adorŽ / aimŽ :


+ La tuerie graphique totale attendue, gros respect, on n'avait jamais vu a sur consoles

+ Un framerate constant de 30fps qui retranscrit trs bien l'aspect cinŽmatographique

+ Le cocktail aventure / action / Žmotion toujours incroyablement ma”trisŽ

+ Des personnages et une Žcriture ayant gagnŽ en maturitŽ, mention spŽciale ˆ Elena

+ Sam, un pari risquŽ, pour un personnage plut™t rŽussi et pertinent

+ Quelques bons rebondissements pas toujours attendus malgrŽ l'aspect "cheap"

+ Une OST en rupture avec les prŽcŽdents, et fort soignŽe

+ Le fan service absolument merveilleux et touchant au possible

+ Grande variŽtŽ de dŽcors et d'univers ˆ explorer et ˆ savourer

+ Les nouvelles phases de gameplay : jeep, bateau, plongŽeÉ au top !

+ Bonne durŽe de vie, gr‰ce peut-tre aux phases "lentes" et plus ouvertes

+ Enfin d'autres trucs ˆ collecter que les trŽsors, pour davantage d'exploration

+ Une fin globalement inattendue, rŽussie et Žmouvante pour tout conclure en beautŽ

 


J'ai dŽtestŽ / pas aimŽ :


- Le jeu d'une gŽnŽrationÉ par dŽfaut ?

- Rythme inŽgal, et un peu trop souvent lent

- TPS quelque peu datŽ dans ses mŽcaniques

- Des gunfights en fin de compte sans rŽelle nouveautŽ

- IA et infiltration ˆ peine amŽliorŽes depuis le temps

- Un mŽchant secondaire beaucoup trop sous-exploitŽ

- C'est fini :'(

 

 

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