Resident Evil VII: Biohazard – Dead on the Bayou

 

 

13 avril 2017

 

 

N'ayons pas peur des mots puisque Resident Evil ne fait plus peur du tout : les deux derniers Žpisodes canoniques de la sŽrie culte de Capcom avaient grandement divisŽ. Le virage trs orientŽ action pris par un quatrime volet globalement acclamŽ n'avait pas ŽtŽ suivi avec autant de rŽussite aux yeux des fans les plus exigeants, surtout au travers d'un "RE6" lourdement critiquŽ par beaucoup. Lorsque le projet Silent Hills Žtait tuŽ dans l'Ïuf au printemps 2015, nombreux furent celles et ceux pensant le survival ˆ la japonaise dŽfinitivement enterrŽ, avant qu'un surprenant trailer ne vienne en raviver le souvenir lors de l'E3 2016. Premire personne, maison crade et dŽlabrŽe, atmosphre angoissante, coup de tŽlŽphone inquiŽtantÉ seule la stratŽgie visant ˆ annoncer d'emblŽe le titre du jeu concernŽ, avant de dŽvoiler la prŽsence d'une dŽmo jouable, diffŽrait de celle de Konami et de son projet mort-nŽ. C'est ainsi que naquit Resident Evil VII Biohazard, une production ayant clairement l'ambition d'un retour aux sources, tout en optant pour le pari d'une vue subjective immersive faisant office de premire dans la sŽrie. Ce septime opus constitue-t-il pour autant celui de la rŽsurrection ? La prudence est toujours de mise, surtout face ˆ l'engouement et aux espoirs les plus forts, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il en faut de la prudence avec ce "RE7".



Ë propos de la version jouŽe :

 

Pour les besoins de cette critique, Resident Evil 7 a ŽtŽ jouŽ sur une PS4 classique (comme pour tous mes autres articles). Aprs avoir expŽrimentŽ les deux versions d'une dŽmo par ailleurs tout ˆ fait prometteuse (Beginning Hour), c'est un peu plus de deux mois aprs la sortie de RE7 que je m'y suis collŽ, sans m'intŽresser au moindre DLC. Quelques patches et mises ˆ jour ont dž passer ˆ et lˆ mais le titre n'ayant pas une rŽputation d'Ïuvre mal finie, il y a fort ˆ parier que cette critique ežt ŽtŽ sensiblement identique si le jeu avait ŽtŽ testŽ ds sa sortie. Aucun contenu additionnel ne sera ŽvoquŽ ici, pas plus que la version PSVR : votre serviteur, bien que fascinŽ par la possibilitŽ de se lancer dans ce type d'aventure horrifique en rŽalitŽ virtuelle, n'a tout simplement pas les yeux compatibles pour ce genre d'expŽrience, malheureusement.

 

 

 

 

Et si on rŽutilisait la bonne vieille RE7 ?

 

 

Il faut bien l'avouer, ce qui nous a un peu tous frappŽs lors de la confŽrence PlayStation durant l'E3 2016, ce fut cette sensation que Silent Hills Žtait de retour. Bon nombre des ŽlŽments de la cŽlbre dŽmo P.T. (dont vous pouvez retrouver (re)lire mon analyse) Žtaient repris, jusqu'au coup de tŽlŽphone stressant qui avait achevŽ les plus cardiaques s'Žtant frottŽs au jeu pervers de Kojima et Del Toro. Lorsque fut rŽvŽlŽ le titre en fin de bande-annonce, il n'y eut pas que "Resident Evil" qui surprenne un public sous le charme d'un potentiel retour aux sources. L'ajout, comme un sous-titre, du titre japonais de la sŽrie – Biohazard – avait un peu tout du fan-service assumŽ. Capcom annonant une sortie assez proche, on pouvait deviner un projet trs bien entamŽ, pour ne pas dire quasiment fini, qui n'attendait que d'tre livrŽ en p‰ture ˆ une fanbase trs exigeante tant la saga ne cessait de diviser au fil des Žpisodes depuis plus de dix ans. En effet, si Resident Evil 4 avait ŽtŽ plut™t acclamŽ dans l'ensemble, le tournant majeur qu'il avait entrepris avait mis fin au style qui avait popularisŽ "RE" auprs du public, et n'avait surtout pas ŽtŽ suivi de succs incontestables. RE5, fortement amŽricanisŽ, avait un peu tout du TPS bourrin (mais glauque) comme la gŽnŽration PS360 en vit fleurir de tous les c™tŽs, et RE6 s'Žtait vu coller une rŽputation fort peu reluisante, en contradiction avec son succs commercial en faisant tout simplement la meilleure vente du studio. C'est dans ce contexte que Capcom opte alors pour un virage ˆ 180¡, manÏuvre par ailleurs inhŽrente ˆ tout bon survival-horror qui se respecteÉ surtout ˆ la premire personne.

 

 

Le parti pris de jouabilitŽ constatŽ sur RE7 n'a en vŽritŽ rien de vraiment surprenant passŽs les premiers instants de jeu (qu'on l'ait dŽcouvert via la dŽmo ou non). Avoir expŽrimentŽ P.T. est un plus non nŽgligeable pour en apprŽcier l'effet, bien que cela apporte des exigeances supplŽmentaires tant le projet d'Hideo Kojima semblait renouveler le genre. Du coup, taisons tout suspense d'emblŽe : du point de vue strictement immersif, Resident Evil VII est une rŽussite, et tant mieux vu que le titre de Capcom a rŽsolument ŽtŽ pensŽ pour une expŽrience en rŽalitŽ virtuelle. La sensation de cloisonnement est forte, l'inquiŽtude est permanente ˆ chaque coin de couloir ou nouvelle porte ouverte, mais cela ne serait rien sans un level design lorgnant du c™tŽ du huis-clos. La maison que la dŽmo nous fait fouiller dans ses moindres recoins est ˆ nouveau prŽsente mais ne constitue qu'une petite partie de ce que RE7 nous fera explorer dans sa globalitŽ : sans g‰cher la surprise, ce sont plusieurs zones qui seront reliŽes de faon plut™t logique et dont Ethan, le protagoniste, tentera de se sortir sans trop de dŽg‰ts. Qu'on est loin du tour du monde de RE6 ou de la vaste "exploration" africaine de RE5 ! Cependant, qui dit Resident Evil dit festival de saloperies en tous genres, et dŽg‰ts biochimiques aussi dŽgožtants qu'effrayants. Ë ce niveau, le manoir des Baker, la famille mystŽrieuse ˆ laquelle il sera bien vite confrontŽ, constitue un bien joli musŽe des horreurs auxquelles il sera bien dŽlicat d'Žchapper. Bref, le style original d'une saga s'Žtant pas mal perdue en chemin semble de retour, ce qui n'est pas pour nous dŽplaire. Seulement, miser sur une atmosphre glauque et inquiŽtante ne suffit pas. Susciter la peur ˆ chaque pas c'est bien, mais proposer une expŽrience de jeu vidŽo solide ne passe pas que par lˆ.

 

 

 

 

Que ce rŽsident est vil !

 

 

L'histoire de Resident Evil VII Biohazard nous plonge en Louisiane, proche du mythique bayou. Ethan se rend dans un manoir mystŽrieux pour y retrouver Mia, une jeune femme qui semble y tre retenue prisonnire – et lui dŽconseille clairement de venir la sauver. ƒvidemment, n'ayant aucune conscience du danger qui l'attend, Ethan se jette ˆ corps perdu dans l'aventure, sans arme (sinon c'est pas dr™le) et c'est ˆ son contr™le qu'on traverse une fort Žtonnamment calme pour s'introduire dans un b‰timent crasseux et dŽsaffectŽ. Des premires Žnigmes, familires pour celles et ceux ayant touchŽ ˆ la dŽmo "Beginning Hour", constituent l'intro d'un jeu qui a le mŽrite de nous lancer dans le vif du sujet assez vite, et de nous faire prendre connaissance de la "famille" compltement cinglŽe qui semble dŽsireuse de nous intŽgrer en son sein. Famille dont le manoir fait l'objet d'investigations policires apparemment rŽcurrentes, mais qui ne semblent jamais aboutir ˆ rienÉ Le scŽnario n'a rien de foufou, tapant clairement dans des inspirations qu'on reconna”tra ˆ gauche ˆ droite, mais a le mŽrite d'tre crŽdible et immersif : on n'a vite qu'une envie, se tirer de lˆ et ne croiser aucun membre de cette famille de fous dangereux prts ˆ n'importe quoi pour nous maintenir prisonniers. C'est le moment que choisit RE7 pour s'improviser jeu de cache-cache flippant au possible, tant on n'a absolument aucune idŽe de ce que Jack, Marguerite et leur fils Lucas comptent faire du protagoniste s'ils l'attrapent. On Žvolue alors dans une atmosphre oppressante, un peu faon Nemesis, ˆ vŽrifier constamment si on n'est pas suivi ou de quelle pice proviennent les bruits qu'on vient d'entendre. D'un point de vue sound design, cet Žpisode est tout ˆ fait rŽussi et remplit amplement son contrat : Resident Evil 7 est constamment inquiŽtant et on n'est rassurŽ que lorsque l'on rallie une safe room, ces pices dont la porte se referme sans jamais laisser entrer d'ennemis, et o l'on peut sauvegarder ˆ volontŽ et gŽrer son inventaire via des coffres tombant toujours ˆ point nommŽ.

 

 

Sur le principe, RE7 est un survival-horror franchement traditionnel dans sa forme, et c'est bien lˆ toute la subtilitŽ qui fera son succs ou non : ce classicisme est-il une force rŽelle pour un titre misant clairement sur l'aspect "retour aux fondamentaux" ? Concrtement, cela va dŽpendre de tout un tas d'aspects. L'ambiance est bien lˆ, et dans la jouabilitŽ subjective, la gestion limitŽe de l'inventaire, tout est pensŽ pour nous mettre la pression et Žviter de progresser avec trop de facilitŽ. Une fois le jeu terminŽ, on constate avec le recul que l'espace ˆ parcourir est somme toute ŽtriquŽ, mais comme on avance lentement (sauf lorsqu'on tente d'Žchapper ˆ un ennemi quel qu'il soit), il en rŽsulte une durŽe de vie correcte quoique basŽe sur une jolie illusion gŽnŽrale. Les fichiers et pices antiques ˆ collecter, ainsi que les figurines "Mr. Everywhere" ˆ dŽtruire (pour le coup trs bien planquŽes) poussent ˆ l'exploration une fois chaque pice "assainie" et comme l'ensemble est joli et crŽdible, bien que souvent angoissant et rŽpugnant, on ne rushe pas sa premire partie de RE7 ˆ moins de jouer en facile ou d'tre un vŽtŽran absolu des jeux d'horreur ˆ qui plus rien ne fait peur. Ce titre joue en effet sur les clichŽs les plus connus du genre, jusqu'aux plus crŽtins (allez, je spoile tant a m'a blasŽ : le premier personnage ˆ se faire attaquer mortellement sous nos yeux est noirÉ) pour nous maintenir ˆ mi-chemin entre une zone de confort basŽe sur le dŽjˆ vu, et une peur d'un inconnu forcŽment trs nŽgatif. Bref, Resident Evil 7 est bien foutuÉ du moins au dŽbut. Car si son architecture est impeccable, et que les amateurs de labyrinthes et de portes verrouillŽes y trouveront clairement leur compte, la progression gŽnŽrale finit par tre mal fichue et dŽcevoir quelque peu. La faute ˆ une gestion maladroite de l'armement, trop vite bien optimisŽ (ma seule partie a ŽtŽ faite en normal) au point de ne littŽralement jamais manquer de munitions. Ce qui, dans le cadre d'un Resident Evil, constitue un vŽritable point noir.

 

 

De fait, mme si on a peur, qu'on avance lentement et qu'on se fait souvent piŽger, Resident Evil 7 n'est jamais vraiment difficile. Pire : il est facile une fois qu'on a suffisamment progressŽ dans l'histoire et acquis un certain Žquipement qui n'est pas loin de nous rendre invincible. Pour une partie en normal, c'est une quantitŽ franchement abusive de munitions qui a ŽtŽ constatŽe, lˆ o les ressources dŽfensives sont rŽparties plus intelligemment. De quoi en dŽduire aisŽment un parti pris portŽ sur l'attaque qui dŽoit, car tout portait ˆ croire que cet Žpisode serait portŽ sur la survie et non l'action brute qui avait pas mal agacŽ dans les deux derniers. Certes, les monstres (est-ce vraiment spoiler que de dire qu'il y en a ?) sont rŽsistants, vicieux bien que stupides, les chargeurs sont archi limitŽs et rien n'est rapide en terme de recharge ou d'accs ˆ l'inventaire (du RE, quoi !). Mais trs vite, on n'a pas peur de gaspiller, d'autant plus que les ŽlŽments favorisant le craft finissent par tre eux-mme trop nombreux au point d'tre jetŽs dans le coffre ˆ chaque fois que l'on peut. Ë l'inverse, les sŽquences qualifiables de combats contre des boss sont exigeantes en munitions, se jouent ˆ un rythme plut™t effrŽnŽ, avec un personnage lourdaud qui court franchement lentement (ce qui agace vite), les rendant pour le coup rŽellement dŽlicates en comparaison du reste. De lˆ ˆ affirmer que Resident Evil 7 est mal ŽquilibrŽ en terme de difficultŽ, il n'y a qu'un pasÉ

 

 

       

 

 

Bayou Hazard

 

 

Il faut malheureusement bien l'admettre : si le dŽroulement du scŽnario et la progression au travers de chaque nouvelle zone est plut™t efficace, c'est sa difficultŽ qui pose problme. Exemplaire durant ses premires heures de jeu, o il pousse ˆ l'Žconomie et fait travailler l'organisation du joueur, Resident Evil 7 n'offre plus du tout le mme type de challenge une fois la premire arme ˆ deux mains dŽbloquŽe. Trs vite, on apprend ˆ ne plus du tout jouer de la mme manire et ˆ exploiter l'accessibilitŽ des safe rooms pour tenter tout un tas de stratŽgies et retenter sa chance ˆ la dernire sauvegarde si a foire, puis rŽorganiser ses munitions et son Žquipement quasiment aprs chaque nouvelle salle : on sait qu'un dŽfi nous attend, mais le problme n'est jamais d'y tre assez prŽparŽ. On cherche plut™t ˆ s'y rendre correctement ŽquipŽ (ce qui sera quasiment toujours le cas ˆ moins d'un gaspillage monumental), ce qui n'a plus rien ˆ voir ; le concept mme du survival exigeant expŽrimentŽ en dŽbut de jeu s'en voit alors totalement bafouŽ. Les sŽquences vraiment plus complexes deviennent alors les flashbacks matŽrialisŽs sous forme de cassettes vidŽo, Žnigmatiques, inquiŽtantes et ˆ l'issue de toute faon irrŽversible. Non seulement ces dernires apportent des complŽments scŽnaristiques importants (en plus des nombreux documents examinŽs ˆ et lˆ), mais elles rompent le rythme avec intelligence. On dŽplorera juste le manque de perfectionnisme de Capcom ˆ ce niveau : des VHS en 16/9, alors que lues sur des tŽlŽviseurs cathodiques, c'est tristement incohŽrent, et d'autant plus dommage que la qualitŽ d'image volontairement dŽtŽrioriŽe y est bien prŽsente. Ë noter qu'une autre sŽquence, dans le dernier tiers du jeu, saura exploiter avec brio les ŽlŽments nŽcessaires ˆ un certain revival de tension nŽcessaire (je n'en dis pas plus).

 

 

Qu'on ne s'y trompe pas : dans l'ensemble, RE7 reste un trs bon reprŽsentant de son genre. Sans atteindre l'intensitŽ de l'Žpouvante trs psychologique provoquŽe dans un P.T. (et que l'on dŽsespre de retrouver un jour dans un jeu vidŽo), ce titre est plut™t uniforme dans son atmosphre en dŽpit de sa difficultŽ mal dosŽe. Celle-ci n'influe en effet en rien sur l'inquiŽtude permanente d'un danger imprŽvisible qui r™de partout et qui gŽnre une proportion raisonnable de screamers. En rŽsumŽ, si vous souhaitez vous faire peur au travers d'une aventure cloisonnŽe ˆ la premire personne qui exploite bon nombre de clichŽs de l'horreur avec style et efficacitŽ, Resident Evil VII Biohazard est franchement un bon jeu, et j'ose mme, un bon Resident Evil. Pourtant, et c'est paradoxal, il s'inscrit assez peu dans le cadre de la sŽrie et aurait pu porter un tout autre nom – Biohazard eut ŽtŽ un titre simple et parfait s'il n'avait pas dŽjˆ constituŽ la dŽnomination japonaise d'origine de la saga. Sans spoiler, il faudra attendre vraiment trs tardivement pour que l'univers de Resident Evil fasse explicitement surface, et d'une faon suffisamment grotesque pour que l'on se dise "ah oui, ils se sont rappelŽs que c'Žtait un RE et qu'il fallait le justifier". Mme les traditionnelles herbes verte et rouge font dŽfaut, la premire seulement Žtant disponible un peu partoutÉ mais ˆ combiner avec des fluides chimiques, un peu trop massivement rŽpandus, pour en faire des remdes. Ë noter que comme dans tout bon titre du genre misant sur le systme de craft, RE7 permet au protagoniste d'amŽliorer ses aptitudes au fil de l'aventure, essentiellement au niveau de sa rŽsistance gr‰ce ˆ des stŽro•des qui tomberont ˆ point nommŽ. Pas plus mal pour booster un personnage un peu fragile auquel, il faut le reconna”tre, on a du mal ˆ s'identifier : le reste des personnages sera finalement beaucoup plus marquant.

 

 

Finissons donc avec l'aspect "scŽnario", dŽjˆ vaguement ŽvoquŽ mais pas encore vraiment dŽtaillŽ. Difficile d'Žtablir clairement si Resident Evil 7 est une rŽussite ou un Žchec ˆ ce niveau : certes, c'est prenant, inquiŽtant, on a envie d'en savoir plus et pas de se contenter de dŽzinguer du zombi ˆ tout va ˆ coups de fusil ˆ pompe. Reste que de nombreuses zones d'ombres demeureront et que le final, en plus de confiner au ridicule, est expŽdiŽ dans des proportions tout ˆ fait ahurissantes. Il est vrai que ce n'est pas forcŽment le critre sur lequel on en attendait le plus de RE7, et on ne peut de toute faon pas parler d'Žchec ˆ ce niveau : la tension est palpable, plut™t ma”trisŽe, mais certaines branches narratives demeurent mal foutues et dans l'ensemble, ce n'est pas ce qui restera dans les mŽmoires. Sous influences diverses, notamment cinŽmatographiques (The Texas Chain Saw Massacre ou encore la sŽrie des Saw), RE7 est en fin de compte quelque peu inŽgal, entre pitch de base rappelant les histoires de disparitions et de familles de fous isolŽes, et catastrophes biochimiques justifiant le nom de la sŽrie. Ë ce propos, l'absence quasi totale de clins d'Ïil au-delˆ d'une volontŽ de reprendre l'atmosphre des premiers Žpisodes amne clairement ˆ se poser la question : RE7 est-il vraiment un Resident Evil ? AxŽ sur un nouveau personnage sans vŽritable charisme, dont beaucoup de rŽactions trop en dŽcalage avec l'aspect oppressant de la situation font parfois tache, ce titre arrive paradoxalement ˆ tre un assez bon Žpisode dans une saga ˆ laquelle on ressent cette permanente impression qu'il n'appartient pas. Pire encore, l'engouement important suscitŽ par le premier teaser de l'E3 n'avait-il pas simplement provoquŽ un peu trop d'attentes envers un titre, finalement, qui ne souhaitait que faire peur "ˆ l'ancienne", sans forcŽment rŽinventer un genre ou offrir une expŽrience beaucoup plus psychologique et torturŽe que le regrettŽ Silent Hills ?

 

 

 

 

Il serait dommage d'tre sŽvre envers Resident Evil VII Biohazard. Dans une Žpoque o les triples A nŽgligent totalement l'horreur, confinŽe ˆ des productions plus confidentielles alors que les moyens mis en Ïuvre (HD photorŽaliste, rŽalitŽ virtuelle, rŽglages audio immersifsÉ) justifieraient de davantage l'exploiter, la volontŽ de Capcom d'un retour aux sources est ˆ souligner d'autant plus que le studio s'en sort quand mme avec les honneurs. Certes, RE7 ne marquera ni autant les esprits que la trilogie originale (dont il puise le maximum d'inspiration ici, notamment du volet "Nemesis"), ni que son quatrime Žpisode ayant tournŽ la sŽrie vers l'action. Ni marquant scŽnaristiquement parlant, ni vraiment difficile, et nous mettant aux commandes d'un des personnages les plus vides de l'histoire du survival-horror, RE7 s'en sort malgrŽ tout trs honorablement au prix d'une ambiance rŽussie, manette en main (de beaux visuels horrifiques ne suffisent pas !), car il est tout simplement ce qu'on a de mieux ˆ se mettre sous la main dans une catŽgorie "horreur grand public"É et de trs loin. En dŽpit d'une difficultŽ qui Žvolue dans le mauvais sens, il demeure une expŽrience angoissante comme il faut, qui nous cramponne au pad avec anxiŽtŽ suffisamment de fois en une petite quinzaine d'heures, pour en garder d'assez bons souvenirs. Reste ˆ espŽrer que Resident Evil 7 ne constitue pas une exception, et qu'une confirmation vienne rapidement en tenant compte de tout ce dont elle pourra apprendre de bon d'un Žpisode qui fait quand mme du bien. S'il ne satisfera pas forcŽment ceux qui espŽraient y voir l'aboutissement du projet que Konami a l‰chement abandonnŽ, il devrait suffisamment contenter les joueurs dŽus et frustrŽs de ce que Resident Evil Žtait devenu.



J'ai adorŽ / aimŽ :


+ Retour aux sources efficace

+ Plut™t flippant dans l'ensemble

+ La vue FPS Žtait clairement une bonne idŽe

+ Pas hyper long parce que plut™t intense

+ Un level design labyrinthique comme il faut

+ DŽgueulasse mais joli (vous aurez compris)

+ Univers sonore oppressant et bien foutu

+ Quelques Žnigmes assez tordues

+ Les sŽquences "VHS" sont plut™t sympa

+ DurŽe de vie correcte pour un univers si limitŽ

 


J'ai dŽtestŽ / pas aimŽ :

 

- Qu'est-ce qu'on "court" lentement !

- Ethan, totalement dŽnuŽ de charisme et rarement crŽdible

- Toutes les promesses ne sont clairement pas tenues

- Assez peu de prises de risque en fin de compte

- Beaucoup, beaucoup trop de munitions pour un survival

- Trop peu de challenge, et on n'a pas testŽ le mode facile

- Certains antagonistes sont vraiment nuls

- Les boss ridiculement difficiles en comparaison du reste

- Un vŽritable encha”nement de clichŽs et assez peu d'identitŽ

- N'a de Resident Evil que le nom et quelques clins d'Ïil "forcŽs"

- Fin expŽdiŽe et dŽcevante

- InŽgal, dans l'ensemble

 

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