Max Payne 3 – L'histoire d'un mec qui samba les reins

 

 

27 janvier 2017

 

 

C'est l'histoire d'un mec. Un ex-flic du New Jersey, au vŽcu cauchemardesque, hantŽ par des pertes tragiques, embourbŽ dans de bien dangereuses addictions, coincŽ entre un avenir sombre et un passŽ douloureux et ineffaable. N'ayant plus rien ˆ perdre, c'est en guise d'ultime rŽdemption qu'il part en mission sous le soleil de S‹o Paulo, non pour se dorer la pilule et profiter d'une prŽ-retraite bien mŽritŽe, loin de lˆ. Non, plut™t pour protŽger celles et ceux qui se shootent et picolent autant que lui pour Žchapper l'espace d'un instant aux cages dorŽes dans lesquelles il ne trouvera jamais sa place. C'est l'histoire de ce type maudit par l'ƒternel qui tra”ne fant™mes et cadavres derrire lui tout en espŽrant noyer son spleen dans les verres en cristal qui ne refltent que vaguement les cicactrices d'une vie qu'on a envie de lui souhaiter meilleure, mais dont lui-mme ne semble plus avoir envie. C'est aussi l'histoire d'un jeu vidŽo nous mettant dans un contexte aussi glauque et dŽprimant, mais jouant sur le paradoxe d'une mŽgapole opposant fte et misre, et prenant l'immense risque d'offrir une troisime (et ultime ?) aventure ˆ un personnage atypique, rongŽ par une douleur maximale ˆ laquelle seules les pires crapules pourraient mettre fin une bonne fois pour toutes.  Cette histoire, tout simplement, c'est celle de Max Payne, et si les promesses de Rockstar avaient de quoi sŽduire sur le papier, elles pouvaient tout autant effrayer devant la prise risque esthŽtique globale amorcŽe pour succŽder aux opus sombres et nocturnes de Remedy. Ceux-ci avaient en effet forgŽ la lŽgende d'un personnage marquant et qu'on avait trs peur de voir troquer le costume, l'impermŽable et le visage bien coiffŽ pour les rangers, le marcel, la grosse barbe et la boule ˆ zŽro. La descente aux enfers promise allait-elle embarquer les crŽateurs de Grand Theft Auto dans les malheurs de cet improbable hŽritier de John McClane ?



Ë propos de la version jouŽe :

 

Bien que la sŽrie Max Payne ait forgŽ sa lŽgende sur PC, et que ses portages console (PlayStation 2 et Xbox) ne lui aient pas rendu hommage, c'est en bon "consoleux" que j'ai tout naturellement optŽ pour mon support de prŽdilection de l'Žpoque, ˆ savoir la PlayStation 3 (et ses optimisations souvent dŽlicates en comparaison avec la concurrente de Microsoft). Aprs une premire expŽrience en septembre 2012, peu aprs la sortie initiale du jeu, et des sessions multijoueur ˆ la mme Žpoque, reprises en 2014 pour atteindre le niveau d'expŽrience maximal en ligne, c'est en janvier 2017 que j'ai rŽexpŽrimentŽ ce titre qui m'avait pas mal marquŽ en son temps, et dans une difficultŽ encore supŽrieure ˆ l'Žpoque. L'objectif de cette review sera de revenir sur une expŽrience de jeu globale qui fatalement, fera un peu le point sur ce que Max Payne 3 peut encore avoir ˆ offrir, prs de cinq ans aprs sa publication, sachant qu'il est fort improbable qu'une rŽŽdition remasterisŽe voie le jour.

 

 

 

 

Oh oui youpi, dansons la carioca

 

 

DŽterrer Max Payne prs de dix ans aprs le second volet d'une courte saga trs estimŽe des joueurs PC, et l'imposer sur une gŽnŽration de consoles enfin prte ˆ offrir des expŽriences de jeu vidŽo fortement cinŽmatographiques, ce n'est pas un pari simple dans lequel s'Žtait lancŽ Rockstar. Fort du succs de son premier GTA "nouvelle gŽnŽration" et en attendant le futur succs critique de Red Dead Redemption, la firme des frres Houser se dŽcide ˆ relancer la carrire de l'ex-flic new-yorkais dŽpressif sur le devant de la scne en annonant un Max Payne 3 en 2009. Toutefois, cette fois-ci, ce n'est plus dans le r™le de l'Žditeur que R* s'attaque ˆ cette sŽrie, mais tout simplement du concepteur de A ˆ Z. Remedy est parti de son c™tŽ terminer (enfin !) un Alan Wake exclusif aux supports Microsoft, et a laissŽ son bŽbŽ auprs d'une Žquipe de toute faon rŽputŽe pour la force de ses scŽnarios durs et matures. En consŽquence, il Žtait facile de faire confiance ˆ Rockstar pour proposer une suite digne des aventures trs noires de Max Payne, ce flic dŽchu et en proie ˆ de bien tristes addictions suite ˆ l'assassinat tragique de sa femme et de leur enfant. Pourtant, ds les premiers visuels, Max Payne 3 suscite la controverse. OubliŽes les ruelles sombres du New Jersey de nuit dans un froid glacial, bonjour le soleil du BrŽsil et les favelas. Et surtout, adieu le look plut™t beau gosse de Max, muŽ pour le coup en beauf barbu bedonnant, cr‰ne rasŽ, chemise ˆ fleurs et lunettes de soleil. Rockstar cherche-t-il ˆ compltement dŽcrŽdibiliser l'idole de bon nombre de fans de jeux d'action, ou lui redonner une Žtrange seconde jeunesse que seul un scŽnario ayant intŽrt ˆ tre impeccable pourrait justifier ? La confiance immense qu'inspire un studio aussi respectable laisse espŽrer des explications solides et intŽgrŽes ˆ une histoire cohŽrente et forte, mais le dŽveloppement trs long, avec de multiples dates de sortie non respectŽes, ne fera que semer le doute chez des fans de plus trs anxieux quant ˆ la gueule d'une version PC qui ne pouvait que faire carrŽment flipper. Aprs une optimisation extrmement mal reue du c™tŽ de GTA IV, l'absence de Red Dead Redemption sur un support historiquement liŽ au dŽveloppeur, et un portage tardif de L.A. Noire (dont Rockstar n'Žtait officiellement qu'Žditeur), beaucoup d'ŽlŽments incitaient ˆ la plus grande prudence. Fort heureusement, Max Payne 3 anŽantira la quasi totalitŽ des doutes pourtant initialement lŽgitimes entourant sa sortie.

 

 

Tout d'abord, et c'est important de le signaler, Rockstar avait beaucoup misŽ sa communication sur une nouvelle aventure, 9 ans aprs les derniers ŽvŽnements surgis dans le New Jersey, sans forcŽment donner l'impression de faire le lien entre ces deux Žpoques ni expliquer l'entre-deux. La construction narrative de Max Payne 3, divisŽe en 14 chapitres de longueur relativement Žquivalente, se montre ˆ ce niveau trs pertinente, proposant plusieurs flashbacks intelligemment sŽparŽs. Ces derniers expliqueront comment et pourquoi notre anti-hŽros est arrivŽ au BrŽsil, se chargeant de rŽpondre aux multiples interrogations qu'il se pose lui-mme durant l'aventure, sa luciditŽ Žtant rŽgulirement mise ˆ l'Žpreuve du fait de sa consommation d'alcool et d'antalgiques toujours dŽraisonnable. De ce point de vue, l'Žcriture du personnage inventŽ par Remedy est parfaitement respectŽe, et ce jusque dans ces ellipses qui nous replongent dans un contexte spatial qui rappellera aux fans de la premire heure l'univers qui les avait tant sŽduits : oui, Max Žvoluera dans le New Jersey, ses immeubles, bars, toits, dans un cimetire, le tout intŽgralement de nuit et sous la neige qui plus est. L'autre ellipse, que l'on taira par souci de ne pas spoiler, fait encore plus la jonction entre les deux univers d'une sŽrie qui dŽsormais, plus que jamais, oppose New York ˆ S‹o Paulo. Si la reconstitution des b‰timents de la rive ouest de l'Hudson est admirable et fait lŽgrement regretter que les deux premiers Max Payne n'aient jamais ŽtŽ remasterisŽs / remis au gožt du jour, c'est le travail considŽrable effectuŽ sur la citŽ pauliste et ses diffŽrents aspects qui laisse rveur. En-dehors d'un chapitre se dŽroulant hors de la ville, Max Payne 3 se dŽroule aux trois quarts dans cette immense mŽgapole sud-amŽricaine dont une bonne partie des facettes les plus importantes sont proposŽes en dŽtail. On verra ainsi le luxe des immeubles d'affaires et des plus belles bo”tes de nuit branchŽes, la pauvretŽ et le dŽsespoir d'une impressionnante favela labyrinthique ˆ souhait, ou encore la plus belle exploration d'un stade de football jamais vue dans un jeu vidŽo. Celle-ci demeure par ailleurs une jolie prouesse de reconstitution de la part d'une Žquipe principalement amŽricaine dont la connaissance du sujet est de toute Žvidence discutable de base. Mais comme pour tout le reste de son travail de modŽlisation, Rockstar a pris le temps de faire ses recherches, d'envoyer des Žquipes "sur le terrain", pour s'assurer d'offrir au joueur un dŽpaysement crŽdible et qui surtout, ne dŽpeindrait pas une image trop "clichŽ" du BrŽsil et de sa ville la plus importante.

 

 

S'il est aussi important de commencer cette review de Max Payne 3 par un tour d'horizon de son atmosphre, c'est que celle-ci prend une place prŽpondŽrante dans la qualitŽ du titre mais aussi dans l'Žtonnante capacitŽ qu'elle trouve ˆ installer le joueur dans des conditions idŽales. DŽlocaliser totalement les aventures de Max Payne exige du rŽalisme et une immersion ˆ toute Žpreuve. S'inspirant notamment d'Ïuvres importantes du septime art s'inscrivant dans le mme cadre – au hasard, Cidade de Deus ou Tropa de Elite – le dernier-nŽ de Rockstar va encore plus loin dans ses doublages, imposant habituellement une version originale sous-titrŽe. De trs nombreux personnages locaux s'expriment ainsi en portugais et leurs propos ne sont traduits ni dans la langue choisie pour les sous-titres, ni mme en anglais, afin de renforcer le sentiment d'isolement de ce vrai-faux hŽros amŽricain perdu en territoire hostile. Max Payne ne comprend en effet pas grand-chose en-dehors des "filho da puta" rŽguliers qui lui sont adressŽs, et toute l'aventure souhaite perdre le joueur dans un univers impitoyable, qui ne cherche ˆ aucun moment ˆ l'aider, et merveilleusement mis en scne ˆ coups de dŽtails dans une quantitŽ quasi jamais vue sur cette gŽnŽration. En y rejouant prs de cinq ans aprs sa sortie, Max Payne 3 n'a quasiment pas pris une ride, et seuls quelques chargements de textures difficiles (hŽlas džs ˆ une version PS3 connue comme plus difficile ˆ dŽvelopper) viennent entacher un ensemble vraiment magnifique, trs riche en dŽtails donc. R* propose ici un titre visuellement bluffant, extrmement cinŽmatique, entre cut-scenes conues sur le moteur du jeu et encha”nant avec les phases de gameplay sans transition visible, et effets visuels saisissants, surtout au niveau du lŽgendaire bullet time ayant fait la force de la sŽrie, et sur lequel on reviendra plus bas. De nombreux filtres visuels viennent remuer l'action (ou l'enlaidir, c'est selon) pour coller aux pertes de luciditŽ de notre hŽros alcoolique et quelque peu camŽ, et si le titre en abuse un peu, cela lui confre un dynamisme certain, que l'on pouvait avoir peur de perdre entre cinŽmatiques trop longues et phases de jeu somme toutes linŽaires aux commandes d'un gros costaud assez lourd ˆ manier. N'ayons pas peur des mots : en terme de rŽalisation pure, Max Payne 3 est une Žnorme rŽussite, tape dans le mille sur ˆ peu prs tout ce qu'il essaie, et livre une expŽrience pad en main que seul un framerate rŽgulirement aux fraises peut quelque peu g‰cher par moments – mais cela reste assez rare pour ne pas nuire au plaisir global.

 

 

 

 

Payne perdue

 

 

Maintenant que l'ambiance globale a ŽtŽ ˆ peu prs posŽe, peut-tre serait-il temps d'Žvoquer le fond. Si Rockstar est parvenu ˆ donner un nouveau souffle ˆ une sŽrie qu'il s'est appropriŽ avec brio, c'est aussi parce que les problŽmatiques de gameplay, ici trs exigeantes, ont ŽtŽ ŽtudiŽes avec beaucoup de considŽration. En effet, il faut le rappeler, Max Payne est quand mme ˆ l'origine une rŽfŽrence apprŽciŽe dans le domaine du shooter ˆ la troisime personne, notamment gr‰ce ˆ la technique du bullet time notamment reprise par le studio dans Red Dead Redemption.  C'est en toute logique que cet ŽlŽment de gameplay du plus bel effet a ŽtŽ incorporŽ dans le troisime volet de la sŽrie qui l'a popularisŽ, et ce d'autant plus qu'il y trouve plus que lŽgitimement sa place. Plonger au ralenti pour encha”ner les headshots sur des ennemis comme figŽs sur place, en ralentissant le temps quelques secondes, c'est non seulement trs stylŽ, mais c'est quasi indispensable dans un titre aussi difficile et impitoyable que l'histoire qu'il nous conte. Max Payne 3 offre en effet du challenge ˆ tous les Žtages, et mme en facile, ce titre n'a rien d'une promenade de santŽ. Pour l'avoir expŽrimentŽ en difficile ˆ l'Žpoque de sa sortie, je dois bien vous avouer qu'il a failli tre le premier et unique jeu vidŽo dont j'ai failli baisser la difficultŽ tant il Žtait ardu. Bien sžr, la maniabilitŽ au joystick joue sans doute quelque peu, ce type de jeu Žtant trs certainement pensŽ pour PC ˆ l'origine, mais a ne fait pas tout. Totalement intransigeant et imposant une progression punitive aux allures de die & retry face ˆ des hordes d'ennemis toujours mieux armŽs (et qui ont l'exclusivitŽ des grenades !), et qui plus est dotŽs d'une intelligence artificielle clairement supŽrieure ˆ la moyenne, ce dernier volet de Max Payne ne prend quasiment jamais le joueur par la main. Les indications sont rares, et ce malgrŽ la voix omniprŽsente de Max dont l'introspection permanente a parfois tendance ˆ dŽnaturer la violence et la complexitŽ des combats. LittŽralement, Max Payne 3 veut nous faire souffrir en mme temps que son protagoniste, avec qui on fait corps comme jamais tout au long d'une aventure suscitant une empathie aussi profonde que douloureuse. On savait que Rockstar n'Žtait pas du genre ˆ assister le joueur, et c'est clairement le cas avec ce titre peut-tre encore moins facile d'accs que ses autres productions pour les aventuriers flingueurs du dimanche.

 

 

Pourtant, n'allez pas croire que progresser dans Max Payne 3 est un insoutenable chemin de croix retors au possible ˆ la Dark Souls. On touche ˆ ce niveau d'exigence et de vice en optant pour les modes "Fou furieux" et "Ë l'ancienne" (une dŽnomination qui aurait pourtant pu dŽsigner l'ensemble du jeu, tant on a clairement affaire ˆ un third-person shooter au challenge d'un autre temps), mais dans la globalitŽ, on finit toujours par s'en sortir. D'abord parce que les nombreux b‰timents visitŽs ne se montrent pas trop avares en antalgiques (le seul et unique moyen pour Max de rŽgŽnŽrer sa barre de santŽ), mais aussi parce qu'en-dehors de la difficultŽ "ˆ l'ancienne", la production de Rockstar nous permet d'expŽrimenter le "dernier souffle", mode au ralenti rappelant le bullet time et durant lequel on peut, pendant quelques secondes, exŽcuter d'une balle unique l'ennemi qui vient de nous occire. En effet, ce mode particulier ne s'active automatiquement qu'en cas de tir fatal, et consommera automatiquement un antalgique en cas de vengeance rŽussie. Toute la perversitŽ de ce sauvetage automatisŽ de la dernire chance rŽside dans la "rŽanimation" de Max, qui se retrouve allongŽ et forcŽ de ramper quelques instants, la plupart du temps ˆ dŽcouvert, souvent ˆ la merci des rafales ennemies ! En attendant, reste que l'on peut s'abriter rŽgulirement derrire des colonnes, coins de mur et autres barricades, ce qui constitue une grande premire dans une sŽrie qui ne proposait pas de systme de couverture jusqu'alors. Du coup, il est vrai qu'on use et abuse de celui-ci et de la visŽe semi-assistŽe sans quoi le challenge serait bien trop pŽnible – et rŽservŽ au mode arcade "New York Minute", un classique hŽritŽ des deux premiers Žpisodes. Cependant, qu'on ne s'y trompe pas : il est trs rarement possible de progresser dans Max Payne 3 en jouant les campeurs. D'abord parce que les ennemis n'hŽsitent pas ˆ se rendre dans la "zone de confort" dans laquelle on pense tre ˆ l'abri, mais aussi parce qu'ils disposent souvent d'un arsenal supŽrieur, ˆ commencer par ces fichues grenades lŽtalesÉ qui leur sont donc exclusives. Que l'on ait affaire aux gangs et milices que sont le Crach‡ Preto et le Comando Sombra, ou aux redoutables troupes d'Žlite de l'U.F.E., on est bien souvent donnŽ perdant d'avance et l'immense majoritŽ des gunfights, qui constituent le cÏur de l'expŽrience de Max Payne 3 pad en main (ou clavier/souris, comme vous le sentez), imposent au joueur un minimum de stratŽgie et de rŽflexion sous peine de dŽcs bruts et prŽmaturŽs.

 

 

L'une des forces de ce redoutable TPS consiste en la mise en scne particulirement jouissivie de chaque combat. Si les dŽcors (dŽformables dans une certaine mesure) sont toujours dŽtaillŽs, franchement beaux et variŽs, ils laisseront toutefois la part belle aux exŽcutions au ralenti sous forme de kill cams rappelant Matrix ou certaines Ïuvres de John Woo. Beaucoup de ces micro-cinŽmatiques impressionnantes techniquement ont pour but de signaler la rŽussite d'une phase de gunfight via la dŽfaite de l'ultime adversaire encore debout ; sauf que parfois, c'est juste pour saluer un tir parfait du joueur, avant que le combat ne reprenne de plus belle. La vigilance est de mise en permanence dans ce Max Payne, ce qui indŽniablement constitue un de ses meilleurs atouts. Le sentiment d'insŽcuritŽ dž ˆ l'ambiance gŽnŽrale et ˆ l'attitude des autochtones envers Max y est Žgalement pour beaucoup, sans parler d'une bande son incroyablement puissante et immersive comme rarement dans un "simple" shooter. Mais il est vrai que Max Payne 3 est tout sauf cela. Au-delˆ de l'Žcriture trs soignŽe sur laquelle on va trs vite s'attarder, le titre de R* s'offre une atmosphre globale unique, accentuŽe par une musique saisissante de puissance, envožtante et surtout enttante. ComposŽe et enregistrŽe par le groupe Health, la bande originale de Max Payne 3 est rŽellement impressionnante, tant elle retranscrit ˆ merveille les sensations (rarement positives) que chaque dŽcor, chaque scne, veut nous faire vivre, pour ne pas dire Žprouver. Les rythmes proposŽs lors de sŽquences bourrines sont martelŽs avec une insistance donnant du corps ˆ chaque combat, ˆ travers des percussions musclŽes et orientŽes "noise rock" qui font mouche systŽmatiquement. De leur c™tŽ, les nombreux thmes ambiants, de leur c™tŽ, jouent sur l'angoisse, l'oppression ou l'enfermement avec un souci du perfectionnisme rarement ressenti. On a envie de ressortir des tonnes de morceaux de cette bande originale, mais pratiquement tous sont marquants, surtout plus on progresse dans le scŽnario. Cela n'a finalement rien de surprenant tant Max Payne 3 se construit autour d'une spirale nŽgative sans fin oscillant entre descente aux enfers et ascenseur pour l'Žchafaud, souvent illustrŽe par la verticalitŽ de certaines zones dont le climax se fera au sommet d'une pŽnible ascensionÉ ou d'une descente de multiples Žtages jusqu'ˆ la terre ferme.

 

 

 

 

Un Max de risques

 

 

La progression de notre hŽros, ˆ sa faon, constitue un modle narratif en son genre. C'est une histoire Žprouvante qui nous est livrŽe ici, et qui de temps en temps aime ˆ glisser en trame de fond le mythique thme de la sŽrie rŽorchestrŽ pour l'occasion – quand Max lui-mme ne s'essaie pas ˆ la reprise de celui-ci sur les diffŽrents pianos qu'il croise. Un peu comme pour offrir un minimum de fan service aux aficionados de la premire heure dŽsabusŽs devant l'ambiance carioca proposŽe ˆ premire vue par Rockstar. Oui, le studio a pris d'Žnormes risques, mais il suffit d'encha”ner les trois premiers chapitres du jeu pour comprendre combien ce titre n'est pas lˆ pour nous amener ˆ nous la couler douce sous le soleil brŽsilien. ImmŽdiatement, Rockstar prend ˆ contre-pied les prŽjugŽs lŽgitimes que les joueurs pouvaient avoir avant de s'y plonger, en livrant un scŽnario tout aussi noir et sans pitiŽ que celui des deux premiers volets, mž par un gameplay exigeant et prenant d'emblŽe. Dans Max Payne 3, pas le temps de gamberger : passŽe une cinŽmatique d'introduction suffisamment explicite, on est immŽdiatement plongŽ dans le feu de l'action, sans rŽelle aide, tout simplement parce que le dŽveloppeur du jeu n'a aucunement l'intention de nous apprendre ˆ y jouer. On contr™le un flic expŽrimentŽ, surdouŽ au tir, blasŽ de la vie : il est hors de question qu'une quelconque assistance vienne nuire ˆ l'immersion violente que R* impose au joueur d'entrŽe de jeu. De fait, les trois premiers chapitres imposeront leur lot de massacres, d'Žchecs de notre c™tŽ, de frustrations scŽnaristiquesÉ et compliqueront bien la t‰che d'un Max dont la vie au New Jersey Žtait peut-tre finalement plus paisible. Un ressenti que le premier flashback viendra immŽdiatement annihiler, renforant une sensation d'hostilitŽ totale envers un hŽros certes sombre et torturŽ, mais Žgalement impitoyable envers l'adversitŽ, et du genre ˆ tirer puis poser les questions ensuite. Au fil des chapitres, et surtout ˆ partir de la scne clŽ o il opre un changement de look drastique, Max Payne devient un vŽritable hommage (assumŽ ?) au John McClane des premiers Die Hard (on rappellera ˆ cette occasion qu'il n'y en a que trois, mme si une tolŽrance peut s'appliquer du c™tŽ du quatrime si on est de bonne humeur).

 

 

Flic compltement cinglŽ, rongŽ par un passŽ abominable et convaincu d'une totale absence d'avenir, Max Payne s'en fout de mourir. Il fonce dans le tas, prend des risques surrŽalistes, fait tout pŽter, et c'est l'occasion de la part de ses adversaires brŽsiliens de dŽnoncer cette attitude tout en stigmatisant les traditionnels hŽros amŽricains du cinŽma. En plus d'offrir une plongŽe dans les abysses d'un vŽritable enfer sur terre qui fait froid dans le dos, Rockstar s'offre une nouvelle fois sa bonne vieille critique des ƒtats-Unis et de leurs figures les plus reprŽsentatives. Ce n'est pas forcŽment l'aspect qui saute en premier aux yeux quand on s'intŽresse au scŽnario de Max Payne 3, mais une seconde lecture permet de le rŽaliser telle une violente Žvidence. En outre, comme ˆ son habitude, Rockstar se positionne ˆ l'opposŽ des clichŽs hollywoodiens classiques, n'a pas peur d'aborder des sujets dŽrangeants de faon explicite, ni de sacrifier des personnages de faon aussi cruelle qu'inattendue. Tout au long de ce film noir paradoxalement si colorŽ, on s'approprie de plus en plus la frustration et la rage de Max, justifiant une violence brute ˆ laquelle on finit par accepter d'avoir recours avec rŽsignation, jusqu'ˆ finir par l'apprŽcier tant sa mise en scne est soignŽeÉ pour ne pas dire jouissive. Les cinŽmatiques sont conues sur le moteur du jeu, favorisant des encha”nements entre narration pure et jeu ˆ peine perceptibles, et de trs nombreux effets spŽcifiques ˆ ce titre remplissent parfaitement leur office. Certes, on se rŽpte, mais entre les ralentis sur les tirs fatals offrant des exŽcutions stylŽes comme jamais, et les flashes lumineux accompagnŽs de tremblements nous rappelant que Max est un alcoolique camŽ loin d'tre sorti d'affaire, on est servi en effets visuels originaux et surtout ma”trisŽs. En plus de nous conter un scŽnario aussi effrayant que prenant, Max Payne 3 le dŽpeint avec une efficacitŽ cinŽmatique rarement vue dans un jeu vidŽo, sans pour autant cŽder ˆ la facilitŽ du film interactif. Aussi bŽton puisse tre son synopsis, et aussi fortes puissent tre ses cut-scenes, le dernier-nŽ de Rockstar est un jeu d'action digne de ce nom, au rythme effrŽnŽ, et finalement relativement longÉ qui plus est pour un titre en ligne droite totale.

 

 

En effet, ce Max Payne n'est ni plus ni moins qu'un long couloir sans rŽelles ouvertures ni possibilitŽs d'exploration, ce qui peut frustrer quelque peu quand on a ŽtŽ habituŽ aux mondes ouverts splendides et vivants produits par Rockstar sur une gŽnŽration qui n'en manque pas. Les rares Žcarts de trajectoire se justifient souvent pour rechercher des (nombreux) indices dŽtallant davantage le scŽnario, ou des ŽlŽments d'armes en or (facilement) planquŽs ˆ et lˆ, seuls ŽlŽments justifiant finalement de sortir un tout petit peu du chemin tout tracŽ proposŽ.  Cependant, il ne viendrait ˆ l'idŽe de personne de s'en plaindre. La mission suicide de Max impose Žvidemment de ne jamais revenir en arrire, et nous offre par ailleurs quelques sŽquences de tir scriptŽes (en vŽhicule surtout) purement dantesques et permettant de justifier une comparaison lŽgitime avec bon nombre de blockbusters d'action. Max Payne 3 en met plein la tronche, ne laisse quasiment jamais le joueur se reposer, dŽsireux de le voir se cramponner ˆ son pad (ou ˆ sa souris) comme son hŽros s'accroche ˆ la vie. De la premire ˆ l'ultime sŽquence jouable, on est en pleine action, et on vit un incroyable crescendo qui se conclut en apothŽose sur un ultime chapitre d'une difficultŽ inou•e quand on souhaite s'offrir un minimum de dŽfi. Aprs une douzaine d'heures d'angoisse, de canardages en tous genres, de rebondissements et de rŽflexions sur les personnages rencontrŽs, sur les univers traversŽs et sur soi-mme, on ne peut que pousser un grand soupir de soulagement. Le pire dans tout a, c'est que tel Max Payne posŽ devant une simple bouteille de bire aprs avoir choisi de faire enfin une croix sur l'alcool, on n'a qu'une envie, c'est d'y retourner au plus vite. Et comme si les diffŽrents modes de difficultŽ (dont certains vraiment compltement cinglŽs) et les collectibles ŽvoquŽs plus haut ne suffisaient pas, fort heureusement, Rockstar a cŽdŽ ˆ la mode du sacro-saint multijoueur. Eh oui : vous avez bien lu "fort heureusement", car ce dernier complte Žtonnamment bien l'expŽrience de Max Payne alors qu'on ne voyait franchement pas comment introduire un mode en ligne dans une telle sŽrie.

 

 

 

 

Un remde ˆ la solitude

 

 

Max Payne 3 introduit donc pour la premire fois un mode multijoueur en ligne dans la saga. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'un tel choix avait de quoi surprendre, rien qu'en essayant d'imaginer comment le lŽgendaire bullet time avait pu tre intŽgrŽ ˆ des combats en ligne. Parce que bon, il faut bien l'avouer, Max Payne sans bullet time, bah c'est pas Max Payne, hein. Du coup, face ˆ la mise en place prŽvisible de bons vieux matches ˆ mort classique en solo ou en Žquipe, on pouvait lŽgitimement s'inquiŽter. Et pourtant, quelques matches suffisent ˆ faire taire les sceptiques. Non seulement on peut plonger pour tirer sur ses adversaires, en incarnant un avatar customisŽ ou un personnage rŽel du jeu, mais les innombrables bonus d'expŽrience et atouts proposŽs diversifient grandement les affrontements. Le bullet time fait partie de ceux-ci, ayant pour effet de ralentir la progression d'un autre joueur ; de fait, vous pouvez vous aussi subir ce handicap et vous mettre dans la peau des ennemis de Max Payne lorsque ce dernier dŽclenche son lŽgendaire super pouvoir.  C'est plut™t grisant, et bien rendu, et apporte du charme ˆ des modes somme toutes basiques mais trs complets, assez frŽquentŽs ˆ l'Žpoque du jeu et encore tout ˆ fait jouables prs de cinq ans aprs, malgrŽ un matchmaking de plus en plus long. Ë de trs rares exceptions, le netcode du multijoueur de Max Payne 3 a toujours ŽtŽ trs propre, et permettait ˆ ceux soucieux de se dŽfouler comme aux joueurs dŽsireux de prolonger durablement et efficacement l'expŽrience d'un titre au solo trs complet. Au travers de maps ouvertes, et plut™t vastes pour certaines, reprenant des chapitres clŽs du jeu (la gare routire en tte, le toit de la discothque, deux versions des favelas, ou encore une dŽdiŽe au quartier d'Hoboken dans le New Jersey), ce mode online fait preuve de diversitŽ et rend hommage ˆ un titre ˆ c™tŽ duquel il ne fait jamais tache. Ë noter que ce mode multijoueur offre la possibilitŽ d'incarner un sacrŽ paquet de personnages, notamment issus des diffŽrents groupes armŽs rencontrŽs durant la campagne solo : le Crach‡ Preto, le Comando Sombra, le Tropa Z ou encore l'U.F.E. – mais aussi du c™tŽ des deux familles rivales d'Hoboken, rappelant les origines de la sŽrie et tenant ˆ poursuivre l'hommage ˆ l'univers de base jusqu'au bout. On pourrait encore dŽtailler ce multijoueur assez longtemps, mais le plus important reste d'affirmer que contrairement ˆ beaucoup de titres o cette feature se montre tout ˆ fait dispensable, le mode en ligne de Max Payne 3 est vraiment tout sauf anecdotique et constitue un petit plus non nŽgligeable.

 

 

Multi solide, donc, bande son fantastique, performances graphiques et scŽniques de haute volŽe, excellente Žcriture, bonne durŽe de vie, jouabilitŽ impeccableÉ mais que pourrait-on reprocher ˆ Max Payne 3, finalement ? En vŽritŽ, pas grand-chose. La tentation de jouer les vieux de la vieille aigris et de dŽnoncer une trahison du personnage et de l'univers originels ne tiendra pas, tant le personnage de Max est formidablement bien Žcrit et interprŽtŽ (la voix de James McCaffrey, absolument parfaite, renforce la qualitŽ incroyable du script sur lequel elle se pose). IsolŽ comme rarement un personnage de jeux vidŽo a pu l'tre, notre flic dŽpressif est clairement un des anti-hŽros les plus charismatiques et passionnants qu'il ait ŽtŽ donnŽ de jouer. Bougon, sans pitiŽ, quasi suicidaire, quelque peu bedonnant (et de fait parfaitement lourd ˆ manier), ce Max Payne moderne pourrait tre absolument dŽtestable et antipathique, mais on n'a en vŽritŽ qu'une envie : l'aider ˆ se dŽfaire de ses trop nombreux dŽmons et de trouver une rŽdemption finale, partielle ou complte. Aprs Niko Bellic et John Marston, c'est un troisime personnage d'exception que nous livre Rockstar sur cette gŽnŽration en rŽŽcrivant le mythe ˆ sa faon. Certes, il faut aimer les scŽnarios noirs et impitoyables (de ce point de vue, Max Payne 3 justifie plus que de raison sa classification PEGI 18), et ce d'autant plus que lˆ o un GTA est souvent dr™le, caricatural et donne envie de se dŽfouler, ce titre n'offre que de rares moments de rŽpit et encore moins d'amusement. Au mieux, c'est dans le cynisme impressionnant de Max, et sa narration en voix off qui n'a rien ˆ envier aux longues descriptions compltement barrŽes que pourrait proposer un Tarantino, qu'on pourra trouver matire ˆ rireÉ jaune, la plupart du temps. Ce Max Payne vieilli de dix ans, rongŽ par une quantitŽ de soucis plus repoussants qu'autre chose, sait se rendre attachant et en fin de compte, on souffre ˆ ses c™tŽs, on en vient ˆ se mŽfier de tout le monde, et surtout, on fonce dans le tas parce qu'il nous y invite constamment avec une dŽtermination rarement vue. Ce faisant, il est un des meilleurs personnages de jeux vidŽo de cette gŽnŽration ayant voulu nous offrir tant de nouvelles idoles en misant sur l'aspect cinŽmatographique de ses productions.  Ë croire qu'en fin de compte, c'Žtait en donnant une vraie-fausse seconde jeunesse ˆ une star dŽchue que Rockstar allait nous livrer une quasi ic™ne ˆ laquelle tous les fans de titres d'action sombres et violents pouvaient s'attacher, pour ne pas dire s'identifier.

 

 

Aussi, une erreur quasi fatale aurait pu tre de beaucoup trop construire Max Payne 3 autour de son charismatique protagoniste. Cependant, mme cet Žcart-lˆ, Rockstar ne se le permet pas. Perfectionniste jusqu'au bout, le studio ne souhaite clairement pas avoir repris l'univers de la sŽrie ˆ son compte pour en faire n'importe quoi. Lˆ o d'autres dŽveloppeurs avaient pas mal trahi les idŽaux de sagas cultes lors de leur arrivŽe sur les consoles HD (Resident Evil ou Silent Hill en tte), la firme des frres Houser s'applique ˆ construire un lore solide et cohŽrent. Dans ce nouveau titre, les personnages secondaires sont dans la globalitŽ trs bien Žcrits, et arrivent ˆ se rendre soit attachants soit profondŽment dŽtestables, preuve d'un soin tout particulier apportŽ ˆ leur conception et leur intŽgration dans l'univers de Max Payne. EntourŽ d'alliŽs ˆ l'attitude pas toujours bien claire, et rencontrant quelques PNJ pour le moins mystŽrieux, Max est Žvidemment le personnage le plus intŽressant et le mieux interprŽtŽ du fait de son premier r™le, mais aucun autre n'est vraiment laissŽ pour compte. On se passionne pour la destinŽe et les motivations de ces nombreux individus dont les destins s'entremlent au travers d'un scŽnario de film d'action policier qui n'en Žpargne aucun, et nous livre souvent face ˆ des scnes aussi malaisantes que mŽmorables. Il n'y a souvent que Rockstar pour nous faire prendre en pitiŽ les pires salauds dŽchus dans certaines situations, ou ressentir une incoyable rancÏur envers des alliŽs prŽcieux lorsque l'on dŽcouvre leur c™tŽ obscur ˆ nos dŽpens. De fait, Max privilŽgiera quasi systŽmatiquement d'tre seul que mal accompagnŽ, et ce mme lors des dŽfis les plus ardus ; c'est d'ailleurs en l'illustrant ˆ la perfection au cÏur du jeu que l'implacable mise en scne nous fait rŽaliser cette thŽmatique de solitude (et d'abandon assumŽ) qui poursuit notre hŽros, ˆ l'instar de ces fant™mes du passŽ dont il ne peut se dŽfaire. D'ailleurs, ˆ ce sujet, l'absence de tout easter egg mettant en scne Mona Sax pourrait peut-tre constituer le seul petit regret quand on voit le fan service plut™t bien assurŽ globalement, surtout au niveau des sŽquences absolument parfaites se dŽroulant dans le New Jersey. Quand on en vient ˆ chercher la petite bte ˆ ce point pour trouver quelque chose ˆ redire, c'est vraiment qu'on fait face ˆ une Ïuvre d'une rare rŽussite, et littŽralement hors du commun.

 

 

 

 

Vous l'aurez compris, Max Payne 3 est de ces jeux auxquels on ne trouve quasiment rien ˆ reprocher. PortŽ par un scŽnario dur, mature et rŽellement passionnant, servi par des personnages forts ˆ l'Žcriture impeccable, ce troisime volet des aventures de Max Payne avait pourtant tout pour inquiŽter, entre choix de mise en scne, ajout a priori discutable d'un multijoueur, et reports multiples. Pourtant, Rockstar nous livre ici un quasi sans-faute, tant il exploite ˆ merveille tous les points forts du jeu d'action, entre tradition et modernitŽ. Difficile, clairement pas ˆ mettre entre toutes les mains, jouissif comme jamais et ce mme au pad, ce nouveau Max Payne s'impose comme la reprŽsentation numŽrique ultime de la descente aux enfers. Plus marquant encore qu'un Spec Ops: The Line (oui, j'ose) dans son genre, portŽ par une bande son magistrale et prenante comme rarement, et rŽellement superbe de bout en bout, Max Payne 3 est un chef-d'Ïuvre ˆ part, qui plus est injustement sous-estimŽ. Comme il se permet Žgalement le luxe d'inclure un multi franchement bien fichu lˆ o on ne l'attendait pas, il s'impose clairement comme un des titres les plus aboutis de sa gŽnŽration, qui peut-tre n'aura pas su trouver son public, car vraiment dur sur la plupart des points (accessibilitŽ, challenge, mais aussi le scŽnario impitoyable qui ne laisse pas indemne vu les horreurs auxquelles on peut faire face). Oui, Max Payne 3 est un des plus grands jeux d'une gŽnŽration qui a pourtant souvent cherchŽ ˆ nous en mettre plein la tronche, mais celui-ci a su se trouver un Žquilibre quasi parfait de bout en bout, et c'est la marque des plus grands. Car Max Payne 3 est, assurŽment, un des meilleurs jeux vidŽo auxquels j'ai jouŽ, et il convenait de le dire un jour.



J'ai adorŽ / aimŽ :


+ Le personnage de Max Payne est incroyable (acting, doublage, scriptÉ)

+ Les autres personnages ne sont pas en reste et sont tous assez marquants

+ L'idŽe des doublages portugais non traduits pour renforcer l'isolement

+ Des univers variŽs, superbement reconstituŽs, et fascinants ˆ explorer

+ Les dŽcors partiellement destructibles (murs, barricades, vitres)

+ Vraiment trs beau et trs dŽtaillŽ, avec un superbe moteur de jeu

+ CinŽmatiques de grande qualitŽ mme si les effets lourdingues peuvent sožler

+ Une bande son admirable qui prend aux tripes comme rarement

+ Le bullet time et les kill cams, compltement jouissifs

+ Assez long pour un couloir, avec une bonne rejouabilitŽ (collectibles, dŽfis, niveaux de difficultŽÉ)

+ JouabilitŽ impeccable, un shooter nerveux dont le personnage lourd est superbement gŽrŽ

+ Une intelligence artificielle vicieuse et pas facile ˆ prendre ˆ revers

+ Dur, aussi bien niveau scŽnario que niveau challenge

+ Multi inspirŽ et solide sur la durŽe

+ Rockstar rŽussit un pari de relance de licence vraiment osŽ

 


J'ai dŽtestŽ / pas aimŽ :

 

- Version PS3 en souffrance par moments (affichage des textures, framerate inŽgal, collisions douteuses)

- Les filtres supposŽs faire mal ˆ la tte, c'est bien, mais le jeu en abuse

- P'tt un poil trop de parlotteÉ mais c'est chipoter

 

 

 

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