F1 2017 – La F1 justifie les moyens

 

 

3 septembre 2017

 

 

Tous les ans, c'est la mme rengaine, dit-on. La F1 tourne en rond, offrant quelques bons affrontements de temps en temps, et des Žvolutions techniques et changements de rglement supposŽs modifier la donne mais qui dŽbouchent tout au mieux sur une redistribution des cartes temporaire au plus haut niveau. Les simulations officielles, elles, cherchent par contre ˆ Žvoluer constamment et se renouveler pour offrir toujours plus d'intensitŽ et d'immersion ˆ des joueurs exigeants sachant essentiellement ce qu'ils achtent avec le jeu vidŽo annuel officiel de la Formule 1. Codemasters est en tout cas totalement dans cet Žtat d'esprit depuis son acquisition de la licence en 2010 : si la fin de la gŽnŽration "PS360" eut des allures de fin de parcours en roue libre, et que le dŽbut de la suivante dŽmarra timidement avec un F1 2015 au contenu pas mal critiquŽ, l'Ždition 2016 avait parfaitement redressŽ la barre. En outre, cette mouture 2017 nous promettait du lourd, aussi bien en terme de nouveaux modes de jeux, tracŽs et vŽhicules supplŽmentaires (voire alternatifs) qu'en richesse et complexitŽ de son mode carrire. Reste ˆ voir si en plus du spectacle au rendez-vous, dont le joueur reste finalement souvent seul dŽcideur, les nombreuses promesses de l'Žquipe de dŽveloppement britannique seront tenues.



Ë propos de la version jouŽe :

 

Une fois n'est pas coutume, c'est sur Xbox One (le modle "S" pour tre prŽcis) que j'ai testŽ ce titre, souhaitant profiter des jeux de course multi-support en prioritŽ absolue sur la console de Microsoft. La raison principale, son excellente manette bien plus optimisŽe pour les jeux de ce type, et encore plus le fameux pad "Elite" acquis il y a deux mois et qui me rend mme le retour ˆ une manette Xbox One classique plus dŽlicat ! Il s'agit, ˆ mon sens, de la meilleure manette possible pour jouer ˆ un jeu de course, offrant les sensations les plus poussŽes pour les joueurs, comme moi, pas ˆ l'aise avec un volant. Les screenshots ont tous ŽtŽ rŽalisŽs par mes soins, et j'en profite pour remercier Koch Media de l'envoi d'une copie presse pour ce test.

 

 

 

 

Le jeu de la saison 2017 de Formule 1É mais pas que

 

 

Le premier rŽflexe qu'aura gŽnŽralement tout fan de Formule 1 qui se respecte au contact de la nouvelle dŽclinaison de sa licence de jeux vidŽo est gŽnŽralement le mme : partir immŽdiatement en piste aprs avoir configurŽ ses prŽfŽrences de conduite. Ce rituel se fait soit au volant d'une nouvelle Žcurie et/ou sur un nouveau circuit (dans F1 2016, cela revenait ˆ se lancer ˆ l'assaut de l'Žtonnant tracŽ urbain de Baku dans le baquet d'une Haas, ou Žventuellement d'une Renault), ou bien de reprendre ses marques en terrain connu lorsque la saison n'offre pas ce type de nouveautŽ. C'est malheureusement le cas de l'Ždition 2017 du championnat du monde de F1, mais au niveau de sa reprŽsentation virtuelle (qui n'y peut rien, soucieuse de reprendre le plus fidlement les donnŽes officielles !), il s'agit bien de la seule vraie absence de nouveautŽ ! ConformŽment aux gros chamboulements techniques de l'intersaison, c'est ˆ bord d'une monoplace plus large et collant encore plus ˆ la piste qu'on effectue ses premiers tours de roue, afin d'apprŽhender immŽdiatement le nouveau style de conduite de monoplaces qui ont beaucoup changŽ. Distances de freinage bien plus courtes, vitesse de pointe moins ŽlevŽe (et sensation de vitesse un poil dŽcevante en vue externe, bizarrement), courbes prises avec beaucoup plus d'agressivitŽ et tenue de route encore accrueÉ tout est ˆ rŽapprendre, mme pour les meilleurs pilotes virtuels, ce qui a le mŽrite de nous faire expŽrimenter au mieux les difficultŽs d'adaptation rencontrŽes par Hamilton, Vettel, Ricciardo et consorts. PassŽe cette phrase de rŽapprentissage complet de la conduite d'une Formule 1, l'autre dŽcouverte attendue consiste ˆ passer en revue les modes de jeu, plus nombreux que dans le prŽcŽdent volet : en plus du Grand Prix rapide, du classique multijoueur (en ligne exclusivement) et du mode Carrire, des mini-championnats et des Žpreuves scŽnarisŽes ont ŽtŽ ajoutŽs ˆ un menu principal qui devient de fait trs complet, et propose diverses approches d'une discipline que Codemasters cherche clairement ˆ choyer de plus en plus.

 

 

L'une des autres nouveautŽs est la prŽsence de monoplaces "classiques", ˆ savoir des modles ayant fait l'histoire plus ou moins rŽcentes de la F1. Sans compter la McLaren souveraine de 1988 (Prost et Senna avaient gagnŽ 15 des 16 courses de la saison !) disponible exclusivement via un bonus de prŽ-commande, ce ne sont pas de neuf monoplaces historiques au volant desquelles on pourra se lancerÉ sur les tracŽs de 2017. En plus de la McLaren de 1998, de la Renault de 2006 d'Alonso et de la Red Bull de 2010 (celle du premier des quatre titres consŽcutifs de Vettel), le roster met majoritairement en avant, et peut-tre un peu trop, la Scuderia Ferrari avec les championnes du monde 2002, 2004 et 2007, ainsi que la dŽlicieuse F412 T2 de 1995 et son mythique V12 si "musical". C'est ˆ titre personnel ce modle ainsi que la McLaren de 1991 (celle du dernier titre mondial d'Ayrton Senna) et la Williams de 1992 (qui avait survolŽ la saison avec Nigel Mansell comme leader) qui ont le plus retenu mon attention : lˆ aussi, il y a toute une approche de pilotage ˆ dŽcouvrir, avec des voitures moins rapides, un peu plus rŽtivesÉ mais surtout, en proposant la bagatelle d'un quart de sicle de Formule 1 jouables avec le mme moteur de jeu, Codemasters permet d'expŽrimenter ˆ merveille l'Žvolution technologique de la discipline reine du sport automobile, au-delˆ de celle du ressenti de chaque jeu vidŽo dŽdiŽ au fil de gŽnŽrations de consoles. Jouables exclusivement entre elles en Grand Prix et dans les Žpreuves dŽdiŽes (et en gŽrant assez habilement les potentiels conflits d'Žpoque), ces voitures de lŽgende peuvent Žgalement tre utilisŽes en ligne, en contre-la-montreÉ et le seul bŽmol que l'on pourra envisager ˆ ce niveau concernera l'absence de pistes rŽtro : soit d'anciennes configurations de circuits aujourd'hui disparues (Silverstone en tte, mais aussi Hockenhe•m par exemple), soit des tracŽs tout bonnement tristement absents du calendrier depuis trop longtemps maintenant (Imola, Magny-Cours, Estoril, voire pourquoi pas Kyalami ou Buenos Aires). Une piste (hŽhŽ) ˆ explorer pour l'Ždition 2018, peut-tre ? Quoi qu'il en soit, cette partie "hommage" n'est clairement pas de trop, fait plaisir aux fans, et constitue une vŽritable expŽrience de gameplay apprŽciable ˆ sa juste valeur. Tout juste pourra-t-on dŽplorer qu'il n'y ait pas de monoplaces bonus ˆ dŽbloquer via le mode Carrire (la Benetton de 1995, par exemple, mŽritait sa place !).

 

 

 

 

Spa mal, franchement !

 

 

Cependant, on en conviendra tous, proposer un contenu riche n'aura jamais vraiment d'utilitŽ si celui-ci n'est pas mis en valeur par son exploitation. Le cÏur de la sŽrie F1 de Codemasters, c'est bien sžr son mode Carrire, revenu en gr‰ce en 2016 avec tout un tas de nouvelles features apprŽciables rendant chaque week-end de course terriblement complet et chronophage. Disons-le tout de suite, trois jours de Grand Prix dans F1 2017 sont trs immersifs et occupent le joueur plusieurs heures s'il s'investit ˆ fond sur chacun des 20 circuits de la saison. Comprenez par lˆ qu'il y a de fortes chances que complŽter votre premire saison entire, si vous souhaitez participer ˆ chaque sŽance d'essais en intŽgralitŽ, travailler sŽrieusement sur le dŽveloppement de la monoplaceÉ vous prendra peut-tre prs d'une centaine d'heures, ˆ raison de quatre bonnes heures potentiellement passŽes par week-end si vous n'accŽlŽrez jamais le temps durant les essais. Et je ne parle mme pas ici du fameux mode "Carrire Pro", vous imposant de jouer en vue cockpit, en difficultŽ maximale (aussi bien au niveau des dŽg‰ts, que de la sŽvŽritŽ des rglements, que du niveau de l'IA) sans pouvoir activer la moindre aide, avec chaque session ˆ complŽter dans son intŽgralitŽ. Rien qu'en se cantonnant ˆ la carrire classique, si vous prenez soin de vous fixer un minimum de challenge (en dŽsactivant la majoritŽ des aides au pilotage, activant les rglements, dŽparts manuels et Žvidemment les dŽg‰ts, et en rŽglant ˆ 80 environ (sur 110 maximum) le niveau de pilotage de l'IA, vous plongerez dans une expŽrience de Grand Prix incroyablement immersive d'emblŽe, avec cette possibilitŽ rŽgulire de revoir les conditions de jeu pour les adapter ˆ votre niveau et votre ressenti. Mais tout a, d'une certaine faon, c'Žtait dŽjˆ le cas dans F1 2016 ; de fait, si on est bien content de pouvoir retrouver ce qui avait rendu l'Žpisode prŽcŽdent si sŽduisant, on est en droit d'attendre du mieux, du nouveau, bref de quoi vivre une vŽritable carrire de pilote dans cette simulation qui se veut rŽfŽrence. C'est lˆ que F1 2017 trouve sa force : son mode Carrire a encore pris du galon, propose tout un tas de nouveautŽs sans rien trahir ou nŽgliger du c™tŽ de ses excellents acquis, et mŽrite qu'on lui consacre une partie entire de cette critique.

 

 

Lorsque vous lancez F1 2017 pour la premire fois, si vous disposez d'une sauvegarde de l'Ždition prŽcŽdente, celle-ci peut tre rŽimportŽe pour rŽcupŽrer votre pilote (mais pas son palmars, Žtrangement) : cela vous permet de lancer directement une nouvelle saison sans avoir ˆ le recrŽer. Ce processus est de toute faon court, et permet notamment de crŽer un avatar fŽminin, correctement genrŽ aussi bien ˆ l'Žcrit dans les menus qu'ˆ l'oral dans les interventions de votre agent. Un petit plus non nŽgligeable qui fait plaisir – et pour ma part, j'en ai profitŽ pour donner naissance ˆ ma future reine des podiums histoire de changer un peu ! Plusieurs carrires peuvent de toute manire tre menŽes en parallle, le jeu gŽrant plusieurs fichiers de sauvegarde indŽpendants. De quoi s'offrir diffŽrents challenges, d'autant plus que comme dans l'Ždition 2016, on peut bizarrement dŽbuter une saison avec un contrat au sein de n'importe quel team, ce qui est clairement un des trs rares freins au rŽalisme incroyable du titre. Le tout premier Žpisode de Codemasters, sorti en 2010, imposait tout simplement de lancer sa carrire chez une Žcurie de fond de grille, et il reste un peu dŽcevant, en tout cas Žtonnant, de ne pas avoir renouvelŽ ce processus somme toute logique – sauf si le profil du pilote et sa carrire se cumulaient avec le transfert de sauvegarde, ce qui n'est pas le cas. Lˆ aussi se trouve peut-tre une piste ˆ creuser pour l'Žpisode 2018, par exemple en proposant des sŽances de test dŽbouchant sur des offres de contrat en fonction des performances. En tout cas, peu importe votre choix (je ne saurais que trop vous recommander de dŽbuter chez Sauber voire McLaren pour un bon challenge de pilote nŽophyte, et Force India ou Renault si vous voulez jouer les espoirs un peu mŽdiatisŽs), votre premier contact avec votre ingŽnieur, toujours le mme brave type aux airs de chien battu qu'en 2016, vous permettra de dŽcouvrir un motor-home plus complet. Au programme, rencontre avec votre agent plus dŽtaillŽe, explications sur le dŽveloppement de la voiture au fil de la saisonÉ), mais ce n'est qu'une fois aux stands pour les premiers essais libres, et au terme de ceux-ci, que vous rŽaliserez le potentiel de progression et d'apprentissage incroyable de ce mode Carrire.

 

 

 

 

F1 2016 avait pris soin d'introduire deux ŽlŽments totalement liŽs et dŽfinissant les contours d'une carrire complexe ˆ gŽrer, qui ne se contentait pas de demander ˆ votre avatar d'obtenir de bons rŽsultats et de battre son coŽquipier pour dŽcrocher une place de premier pilote et un potentiel meilleur contrat. D'abord, les trois sŽances d'essais libres constituaient l'occasion de se lancer dans trois programmes d'entra”nement bien distincts (reconnaissance du circuit, gestion des pneus, sprint), dont les divers paliers de rŽussite octroyaient des points de ressource. Ces derniers devaient alors tre utilisŽs avec parcimonie dans le cadre de la feature R&D (recherche et dŽveloppement), axŽe sur cinq ŽlŽments de la monoplace ˆ faire Žvoluer en cours de saison. Avec cette petite dimension jeu de r™le en terme de progression et dŽblocage des compŽtences, la sŽrie avait permis de rendre l'expŽrience d'une carrire passionnante ˆ suivre sur le moyen voire long terme, puisqu'il Žtait tout bonnement impossible de dŽvelopper l'intŽgralitŽ des amŽliorations proposŽes sur une seule saison ! Et si d'aventure vous changiez d'Žcurie entre deux Grand Prix ou avant de dŽbuter un nouveau championnat, tout le dŽveloppement en cours se trouvait remis ˆ zŽro, vous amenant ˆ travailler avec les spŽcificitŽs de base de votre nouvelle voiture. Dans F1 2017, tout ceci se trouve Žtonnamment beaucoup plus poussŽ : d'abord, ce sont dŽsormais cinq programmes d'entra”nement qui sont proposŽs, et qu'il sera quasiment impossible de complŽter au cours d'une unique sŽance d'essais libres (en tout cas en carrire normale o ceux-ci sont rŽduits ˆ une demi-heure chacun). Vous devrez donc les rŽpartir sur chacune des trois sŽances pour y Žquilibrer notamment les objectifs fixŽs par l'Žquipe pour analyser vos donnŽes en piste, et ce sera ˆ vous de trouver la faon la plus pertinente de les organiser (mme si dŽmarrer par la reconnaissance du circuit, avec le train de pneus les plus durs disponibles parmi ceux imposŽs, est on ne peut plus recommandŽ !). Au rayon des nouveautŽs sont donc proposŽs un programme de gestion de carburant, plut™t complexe ˆ gŽrer, qui vous apprendra ˆ rŽaliser de bons tours de circuit tout en sachant lever le pied de temps ˆ autre ; et un autre programme visant ˆ dŽterminer la stratŽgie en course, o l'on attendra de vous que cinq tours consŽcutifs soient bouclŽs avec le plus de rŽgularitŽ possible.

 

 

C'est une fois revenu dans le paddock que vous pourrez mettre ˆ profit les nombreux points de ressources glanŽs durant ces sŽances, en explorant donc l'onglet R&D de votre ordinateur portable. Ici rŽside la vŽritable grosse surprise de F1 2017 : finis les cinq axes de progression stricts et finalement assez limitŽs, c'est ˆ un arbre de compŽtences complet et ultra riche qu'on a dŽsormais affaire, et qui donne le vertige la premire fois qu'on s'y frotte ! Clairement, on voit que c'est sur le trs long terme que la carrire de votre pilote est pensŽe ici, car ˆ peu prs tous les ŽlŽments de votre monoplace peuvent tre amŽliorŽs, et cela commence par de micro Žvolutions qui peuvent en plus Žchouer. Il faudra en effet Žgalement investir vos points de ressources dans l'amŽlioration de la rentabilitŽ de l'usine, pour que l'Žquipe augmente ses chances de dŽvelopper de nouveaux ŽlŽments efficaces d'un week-end ˆ un autre. Comme vous gagnez Žvidemment beaucoup, beaucoup moins de points en une seule saison qu'il n'en faut pour remplir ne serait-ce que la moitiŽ d'un des secteurs de dŽveloppement de votre F1, il faudra gŽrer tout cela avec intelligence, et notamment tenir compte des forces et faiblesses de chaque Žcurie. Un travail stratŽgique donc, que seuls des vrais fans de Formule 1 sauront mener ˆ bien. En dŽbarquant chez McLaren-Honda par exemple, il va de soi que c'est sur les performances moteur qu'on privilŽgiera le travail, plut™t que sur un chassis dŽjˆ performant – axe de progression sur lequel on s'attardera davantage chez Force India, notamment. Chaque amŽlioration se ressentira ˆ peine en piste, c'est sžr, mais il y a fort ˆ parier qu'en fin de saison, ce soient bien une ou deux secondes au tour qui soient gagnŽesÉ bref, le mode Carrire de F1 2017 vise ˆ investir le joueur sur plusieurs saisons, et il est clair qu'il en rŽsultera une durŽe de vie trs consŽquente ainsi qu'une expŽrience globale grisante pour tout fan de la discipline qui veut devenir champion du monde et faire briller son Žquipe en partant de loin. Tout juste Žmettra-t-on des rŽserves sur la capacitŽ du team ˆ rŽagir vraiment avec pertinence en fonction de vos performances (surtout lorsque nŽgatives), mais le fait de voir des tentatives de dŽveloppement de la monoplace Žchouer en usine constituera une dŽception dŽjˆ assez forte pour ne pas trop enfoncer notre pilote dans sa carrire.

 

 

 

 

Une simulation qui ne fait pas semblant

 

 

Cependant, j'ai trs longuement ŽvoquŽ l'aspect gestion de la chose, mais il convient quand mme de rappeler que F1 2017 n'est pas qu'un Motorsport Manager orientŽ exclusivement sur la catŽgorie reine du sport automobile. ƒvidemment, il faut piloter, et on va mme beaucoup conduire inlassablement sur les vingt tracŽs de la saison 2017 officielle, de Melbourne ˆ Abu Dhabi en passant par ces lŽgendes intemporelles que sont Monaco, Spa-Francorchamps, Monza ou Suzuka. Ce petit tour du monde traditionnel ne serait bien Žvidemment pas aussi agrŽable si la rŽalisation et surtout la prŽcision du pilotage et de ses sensations n'Žtaient pas au rendez-vous. Fort heureusement, il n'y a pas grand-chose ˆ redire ˆ ce niveau, d'autant plus que le framerate (60fps, Žvidemment) semble avoir ŽtŽ stabilisŽ en consŽquence depuis un F1 2016 parfois en souffrance (les deux jeux ayant ŽtŽ jouŽs de mon c™tŽ sur la mme Xbox One S). Graphiquement, le seul bŽmol se situe au niveau de textures souvent trs moches dans les dŽcors (et que l'on subit encore plus dans les cinŽmatiques, o elles ne se chargent pas toujours correctement). Cela se remarque surtout sur des ralentis visuellement en-deˆ de ce que l'on peut constater in-game, mais fort heureusement, la modŽlisation des Formule 1 et des pistes (vibreurs et ˆ-c™tŽs compris) est de toute beautŽ. C'est notamment en conditions de pluie que F1 2017 est particulirement sublime, et pas juste parce que la camŽra (quel que soit l'angle choisi pour piloter) prend bon nombre de gouttes d'eau au rendu trs rŽaliste ; non, l'Žtat de la piste, avec notamment la trace du passage des autres monoplaces, est vŽritablement magnifique et d'un rŽalisme bluffant. D'ailleurs, ˆ ce sujet, il semble que le niveau de l'IA, souvent aux fraises sous la pluie, se soit amŽliorŽ dans ces conditions de courses. Elle y demeure perfectible car trs prudent, mais de faon clairement moins abusive que par le passŽ : miser sur la pluie pour remporter une course face ˆ des IA rŽglŽes ˆ un niveau de difficultŽ maximal reprŽsente un pari bien moins sžr que par le passŽ ! Qui s'en plaindra, honntement ?

 

 

Ë ce propos, parlons un peu de l'IA, et du rŽalisme global de la simulation : eh bien, il y a vraiment peu ˆ redire ˆ ce niveau. Tout est franchement propre, cohŽrent, et si on pestera toujours un peu contre la destruction trs limitŽe des ŽlŽments de la monoplace en cas de gros crash, ainsi que ce sentiment que les adversaires gŽrŽs par la console sont favorisŽs au niveau des pŽnalitŽs reues (mauvaise foi, quand tu nous tiensÉ), les affrontements sont immersifs comme jamais, l'IA se dŽfend mieux qu'auparavant, et la gestion de votre F1 sur la durŽe est vraiment ˆ prendre en compte. Non seulement la quantitŽ de carburant embarquŽe, tout juste suffisante pour la durŽe d'un Grand Prix, peut parfois rŽserver de trs vilaines surprises ˆ quelques encablures de l'arrivŽe, mais en plus, la longŽvitŽ des ŽlŽments du bloc moteur et de la bo”te de vitesse est enfin prise en compte, avec les pŽnalitŽs de grille associŽes ! TerminŽe cette sensation de repartir avec une voiture neuve ˆ chaque nouveau Grand Prix : ce point de rglement si dŽlicat ˆ gŽrer est enfin intŽgrŽ dans une saison complte, et il faudra composer avec sa complexitŽ en plus des dŽjˆ trs nombreux autres ŽlŽments ˆ prendre en compte. F1 2017 est vraiment une simulation sŽrieuse et ne laissant rien au hasard, ne s'offrant quasiment aucune fantaisie, mme dans les modes de jeu annexes. On apprŽciera nŽanmoins cette petite surprise sympathique et inattendue qu'est la possibilitŽ de rouler ˆ Monaco de nuit. De quoi donner des idŽes, non pas au futur F1 2018, mais pourquoi pas ˆ la FIA et aux nouveaux promoteurs amŽricains tant dŽsireux d'offrir du spectacle, et de refaire de la F1 ce show qu'elle mŽrite de demeurer ? En tout cas, Codemasters offre lui du spectacle et des sensations de jeu compltes et de haute volŽe, donnant au moins ˆ la F1 virtuelle une exposition de qualitŽ qu'une discipline aussi mythique mŽrite bien Žvidemment. Il ne reste au studio britannique qu'ˆ amŽliorer son mode en ligne, talon d'Achille Žvident d'un titre qui rŽgale littŽralement en solo, mais peine ˆ convaincre sur un multi exclusivement en ligne (a dŽjˆ, c'est dommage !), dont le netcode est pour l'instant ˆ la ramasse, et qui ne sanctionne clairement pas assez les mauvais pilotes qui se croient en NASCAR. Gageons que des patches corrigeront un minimum cela au plus vite afin d'Žviter d'entacher un tableau fort sŽduisant dans l'ensemble.

 

 

Description: https://screenshotscontent-t2001.xboxlive.com/xuid-2535412485427066-private/d1caa28c-61c7-4307-b6ae-6b36583ec317.PNG?sv=2015-12-11&sr=b&si=DefaultAccess&sig=Tsg%2BCU%2Bb6x5U19GdTzzdyFH%2B1Yz6ZKNcgCV1JS%2FJI6c%3D

 

 

Plus les annŽes passent en compagnie des simulations de Formule 1 de Codemasters, plus on en vient ˆ ne rien regretter d'autre que sa date de sortie toujours tardive dans la saison. Attendre la fin de l'ŽtŽ, avec une premire moitiŽ de saison consŽquente dŽjˆ passŽe, devient vraiment dŽlicat maintenant que l'Žquipe derrire le seul et unique jeu de F1 officiel nous livre un tel hommage ˆ la discipline reine des sports mŽcaniques. Sans aller jusqu'ˆ prŽtendre que F1 2017 est irrŽprochable, il est Žvident qu'il s'agit d'un des tous meilleurs jeux de course de sa gŽnŽration, et peut-tre le meilleur de l'annŽe en attendant les monstres Gran Turismo Sport et Forza Motorsport 7. Incroyablement complet, et surtout intelligent dans l'approche de son mode Carrire magnifique, gŽrant ˆ la perfection les nouvelles donnŽes techniques de la F1 Ždition 2017, ce titre constitue un investissement indispensable pour tout fan de Fomule 1 (voire de course automobile) qui se respecte. Il ne lui manque plus qu'un mode en ligne mieux fini pour que l'expŽrience fr™le le sans-faute : il n'y a en effet pas grand-chose ˆ redire sur le fond, et ˆ peine davantage sur la forme. Chaque reproche que l'on pourrait s'autoriser envers F1 2017 est assez rapidement attŽnuŽ par le trop-plein de bons points ˆ distribuer. N'ayons plus peur des mots, le millŽsime 2017 est ce qu'on appelle un must-have, le premier ˆ autant mŽriter ce type de louanges depuis la rŽsurrection de la licence en 2010, ˆ n'en point douter.



J'ai adorŽ / aimŽ :


+ Le mode Carrire, pro ou pas, est vraiment exceptionnellement riche

+ DurŽe de vie des moteurs et bo”tes de vitesse enfin prise en compte

+ Des sŽances d'essais toujours plus compltes et passionnantes

+ Un rendu parfait du comportement des nouvelles monoplaces de 2017

+ StabilitŽ du framerate en net progrs en comparaison avec F1 2016

+ Une simulation de Formule 1 pure et dure, terriblement complte

+ ƒlitiste, mais accessible et adaptŽ ˆ tous les niveaux de conduite

+ L'IA s'est amŽliorŽe, notamment sous la pluie mme si elle y reste encore timide

+ La possibilitŽ de se crŽer un avatar fŽminin pour la carrire

+ Les tracŽs alternatifs pour de petits dŽfis, et surtout, rouler ˆ Monaco de nuit !

+ Les nombreux ŽvŽnements spŽciaux (en et hors carrire) et championnats annexes

+ Les F1 classiques, un vrai bonheur ˆ conduire (et ˆ Žcouter !) É

 


J'ai dŽtestŽ / pas aimŽ :

 

- É mme si trop de Ferrari, et on aurait bien aimŽ des circuits rŽtro en plus !

- Sensations de vitesse bizarrement moyennes en ligne droite en camŽra externe

- Les accidents sont toujours incomplets c™tŽ destruction de la voiture

- Rendu graphique trs, trs inŽgal (du sublime et du trs vilain)

- Il pleut un peu trop souvent (c'est un problme niveau rŽalisme, on va dire)

- On peut dŽmarrer sa carrire dans un top team d'emblŽe, sans test pour le mŽriter

- Les rŽactions de l'Žquipe en fonction des rŽsultats, surtout nŽgatifs, laissent un peu ˆ dŽsirer

- Les sŽquences avec l'ingŽnieur et (surtout) l'agent reprises ˆ l'identique de F1 2016

- Ces commentaires franais insupportables et non modifiables (pourquoi ?)

- Online pour le moment trs, trs moyen et plein d'erreurs

 

 

Antistar

 

 

© Antistar  2016-2017  ¥ Host : FFVIMan  ¥ Bannire : Orioto ¥ Contact : Twitter